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Die Meistersinger von Nürnberg

Les Maîtres chanteurs à la télévision : après Die Zauberflöte, le label Arthaus nous propose aujourd’hui un autre volet de ces productions hambourgeoises de l’ère Liebermann, reconstituées dans les studios de la Norddeutscher Rundfunk au tournant des années 1960/1970.

Et si la production très sage de la Flûte enchantée nous avait quelque peu déçue nous ne cachons pas cette fois notre soulagement. Certes, la mise en scène de n’a rien d’exceptionnel et la réalisation télévisée de 1971 a pris quelques rides. Mais cette approche sobre et traditionnelle fait du bien après tant de «relectures» modernistes des chef-d’œuvres wagnériens dont nous avons l’habitude en pays germanique. Ici, l’action est située, comme il se doit, à la fin du Moyen-Age, les décors () sont simples, mais beaux à regarder tout comme les formidables costumes très colorés de . La caractérisation des personnages est juste et le jeu des chanteurs convainc par un naturel tout à fait bienvenu dans cet opéra.

Musicalement, il faut d’abord exprimer un regret. Pour mieux adapter cette pièce aux dimensions de la télévision, le chef a opéré plusieurs coupures. Ainsi, une bonne partie du récit de David est passée aux ciseaux, tout comme le deuxième couplet de «Jerum, jerum» et l’entrée des Maîtres chanteurs au dernier tableau. A part cela, la direction de Ludwig n’appelle aucun reproche. En optant pour des tempi plutôt fluides et en évitant tout pathos exagéré, le chef accentue le côté comédie. Néanmoins il nous gratifie de quelques instants de pure poésie, notamment au troisième acte, et de scènes chorales (formidable chœur du Staatsoper de Hambourg) d’une puissance impressionnante.

Côté chanteurs, il faut saluer une entreprise certainement impossible aujourd’hui. En effet, à une exception près, tous les rôles ont pu être distribués parmi les membres de la troupe de Hambourg de l’époque. Et quelle troupe ! Nous écoutons ainsi le Pogner sonore et très en voix de , le David fabuleux de , la Magdalene très convaincante de Ursula Bœse et l’Eva lumineuse de . campe un Beckmesser dans la tradition allemande de l’après-guerre, mais il chante bien et sait éviter la caricature. La voix de en Stolzing accuse quelques raideurs, notamment dans le médium, mais l’aigu est rayonnant et le phrasé très élégant. Hans Sachs enfin est interprété par , le seul artiste invité dans cette production. Plus basse chantante que Heldenbariton à l’allemande, il fait néanmoins preuve d’une maîtrise admirable de la tessiture du rôle. S’il possède l’autorité nécessaire pour rendre crédible son statut parmi les autres maîtres, c’est la bonté paternelle du poète qu’il accentue dans son portrait.

Voilà donc une version des Maîtres chanteurs qui n’est peut-être pas une référence absolue. Mais elle nous montre de façon exemplaire le haut niveau qu’avait atteint le Staatsoper de Hambourg sous le règne de .

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