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Alexandre Guilmant, orgue et vocal

Décidément, est à la mode, depuis la re-découverte voici une vingtaine d’années des ses sonates pour orgue. Depuis, on ne compte plus les disques consacrés à cet auteur important à la charnière des XIXe et XXe siècles, et à qui l’on doit aussi la totale découverte des auteurs baroques français, grâce à l’édition des « Archives des Maîtres de l’Orgue ». Sa propre œuvre est vaste, et en période de fêtes, par exemple, où chacun recherche quelque Noël inédit à jouer à la Messe de Minuit, eh bien, Guilmant nous en propose de fort beaux, dont les thèmes, glanés lors de ses visites en province, chantent encore familièrement à nos oreilles modernes, mais le propos est autre avec ce disque.

Ici, c’est encore une découverte avec cette Messe Op. 11, s’inscrivant dans la grande tradition des messes classiques, à la suite des grands romantiques.

C’est l’époque du second Empire, avec sa pompe, et le rapprochement de l’opéra et de l’église. Guilmant reste sobre, pathétique et grave, ne se laisse point aller à trop de débordements, courants à l’époque. C’est l’œuvre d’un jeune homme de 20 ans, d’une étonnante maturité, et regroupant les styles des grands courants du XIXe siècle, magnifiés par Mendelssohn, Schubert, ou Liszt, avec une monumentalité proche de Berlioz.

L’interprétation proposée nous parait respecter au mieux le contexte musical de l’époque et ses pratiques : (prononciation, gallicane, utilisation d’un orgue Cavaillé-Coll).

, parfaite à ses claviers, a la bonne idée d’insérer quelques pièces d’orgue entre les différents moments de la messe, et quelques éléments supplémentaires viennent compléter l’exécution de cette œuvre, dont deux hymnes « au Sacré-Cœur de Jésus » et « Quam dilecta ».

Une pierre d’angle dans la connaissance de Guilmant qui n’a pas fini de nous étonner ; l’orgue omniprésent et les voix nous replongent dans cette ambiance si caractéristique du romantisme.

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