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Rien d’académique en la Salle Académique

L’

L’association « L’Alto » fondée par perpétue la mémoire de son père Louis Poulet, altiste et pédagogue exceptionnel, créateur des « Concerts de Midi », des « Concerts du Dimanche Matin » et fondateur du « Concours International pour Quatuor à Cordes » de la ville de Liège, dont notamment Grażyna Bacewicz remporta le Premier Prix en 1951 avec son Quatuor à Cordes n°4. « L’Alto » permet à de jeunes instrumentistes issus des Académies et Conservatoires, et faisant partie de l’, de favoriser des rencontres avec des solistes de haut niveau afin d’enrichir leur personnalité humaine et artistique, en l’occurrence pour cette soirée . Après avoir obtenu en 1999 son Diplôme Supérieur avec grande distinction dans la classe de Madame Juliette Longrée-Poumay au Conservatoire Royal de Musique de Liège, ce remarquable pianiste né à Sofia en 1974 se produit avec les plus grands orchestres de notre continent, dont le Royal Concertgebouw d’Amsterdam et la Philharmonie de Saint-Pétersbourg dirigée par Alexandre Dmitriev.

joue le Concerto « Jeunehomme » (1777) de Mozart avec cette sorte d’entrain juvénile tout en délicates nuances mais qui n’exclut pas la gravité sans emphase dans les admirables méditations du mouvement lent. L’Orchestre de Chambre Louis Poulet, sous la baguette précise, attentive et subtile d’, assure au soliste un support orchestral d’une qualité exceptionnelle : des effectifs instrumentaux idéalement appropriés à la lettre et à l’esprit de ce Concerto leur permettent d’en ciseler les moindres détails avec une affectueuse spontanéité. C’est l’une des plus admirables interprétations mozartiennes qui nous aient été donné d’entendre depuis longtemps.

En introduction à ce concert, nous avons bénéficié d’une splendide version du célèbre Concerto en si mineur pour 4 violons et cordes de L’Estro Armonico (1711) de Vivaldi, ce Concerto que Bach transcrivit en la mineur pour quatre claviers (BWV 1065) ; vision aux intonations justes, précises et chaleureuses qui, en cette belle Salle Académique de la Place du XX-Août, à l’acoustique généreuse, nous transporte aisément, tel un rêve, dans l’un ou l’autre palais vénitien. Il convient de mentionner le jeu nuancé et riche de contrastes des quatre violons solistes : Martin Lauwers, Maritsa Ney, Anne-Sylvie Primo et Caroline Poncelet, tout en soulignant que leur extrême jeunesse n’empêche nullement la maturité exceptionnelle de leur jeu.

Si André Poulet a eu la modestie de laisser son orchestre libre de sa direction dans Vivaldi, il l’a rejoint en tant que violoncelliste dans les Souvenir de Florence (1890-92) de Tchaïkovski (grand admirateur de Mozart), tout en précisant que l’œuvre était d’une mise en place complexe et très rarement exécutée dans sa version pour orchestre à cordes. Nous préciserons d’ailleurs qu’elle est finalement rare au concert sous quelque forme que ce soit ! Et c’est d’autant plus méritoire pour les quinze instrumentistes de terminer le concert en apothéose par cette traduction virtuose et d’un romantisme de bon aloi qui a soulevé d’enthousiasme un public finalement rassasié par l’Allegretto moderato du Sextuor donné en bis.

Il est absolument réconfortant de constater qu’il existe encore de tout jeunes gens touchés par la grâce et offrant le meilleur de leur sensibilité artistique en des prestations de si haut niveau, faisant de ce concert l’un des plus beaux qui soient. Cela change notablement des vulgarités et artifices des « Star Ac’» et autre « Nouvelle Star » auxquels on attribue bien trop complaisamment le vocable de « concert »…

Crédit photographique : © « L’Alto »

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