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Aimez-vous encore Brahms ?

Comme il reste délicat de s’attaquer aux grandes œuvres du répertoire, entendues et réentendues à maintes reprises! Ce disque en est d’ailleurs la preuve. Les quatuors avec piano de Brahms font en effet partie des incontournables, ainsi que l’opus 117 des Intermezzi pour piano seul, ajouté à la fin du second disque.

La violoncelliste ne réussit que très difficilement à s’affirmer et c’est ainsi que nous perdons de la profondeur propre au genre, ce qui est tout à fait dommage, son interprétation semblant être pertinente. Ainsi, n’est-il pas facile de savoir si le violon est trop présent ou les autres quelque peu absents, mais c’est pourtant dans l’harmonie que réside tout l’art de la musique de chambre… La justesse laisse aussi à désirer à quelques reprises entre le violon et l’alto et il semble qu’un certain nombre de notions se voient confondues : fin d’œuvre tonitruante / accélération, profondeur brahmsienne / lourdeur et statisme, nuance piano / absence d’expressivité… Même la notice est déficiente, souffrant d’une description romanesque des œuvres et oubliant de traduire les courtes informations sur les interprètes en français et en allemand.

Il existe cependant de nombreux passages où les musiciens semblent soudainement s’investir, où l’ensemble trouve une couleur, un son propre, une véritable pâte sonore. Le Quatuor n°3 est sans conteste le mieux réussi, mentionnons aussi le Poco adagio du Quatuor n°2 nous fait découvrir une palette de timbres jusque là inconnue de son instrument. Le même pianiste nous offre une lecture honnête des Intermezzi avec un rubato sans surprise et des dynamiques restreintes.

Même lorsqu’elles sont seulement « bien » interprétées, ces œuvres engendrent une certaine lassitude. Après tant d’enregistrements, nous attendons quelque chose de neuf, d’exceptionnel, que ces artistes n’ont pas été en mesure de nous offrir.

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