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L’Orfeo de Monteverdi : on a trouvé le chaînon manquant

Ça y est, nous avons trouvé le chaînon manquant de l’évolution interprétative de l’Orfeo de . Après les reconstitutions presque symphoniques de Vincent d’Indy (1904), Giacomo d’Orefice (1909), Carl Orff (1925), Gianfranco Malipiero (1929) et Ottorino Respighi (1935), avant le retour aux sources de Nikolaus Harnoncourt (1975), voilà la version intermédiaire qui manquait dans la redécouverte du répertoire baroque : une interprétation de la partition originale (enfin, Monteverdi n’a jamais fixé de nomenclature précise) sur instruments modernes.

On ne peut manquer de s’endormir devant des tempi aussi lents ou de s’esclaffer devant la prononciation très teutonne de l’italien. Les cuivres sont dignes de Bruckner dans leur éclat, le chœur donne l’impression de chanter du Brahms, le son de l’orgue est irrémédiablement romantique, les cordes ont du vibrato à revendre, le clavecin est métallique à souhait, les vocalises sont hésitantes, mais qu’importe ! Ce double CD, sorte d’ODNI (objet discographique non identifié) est une pièce de musée. avec son Kammerorchester Berlin est une forme de ou de d’outre-Rhin. Nous sommes dans l’age préhistorique de l’interprétation baroque, cette génération d’après-guerre qui avait à cœur de restituer tout un répertoire jugé mal joué, mais à qui il manquait encore l’acquis des recherches musicologiques et organologiques.

Nullement indispensable, cette version de l’Orfeo de Neandertal réjouira les collectionneurs de raretés et d’ODNI.

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