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Lauréats du Reine Elisabeth, premier service !

Concours Reine Elisabeth 2007

Comme presque chaque fin de printemps, la Belgique musicale et les amateurs de mondanités n’avaient d’yeux que pour le Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique (CMIREB pour les intimes). Famille royale, happy few et mélomanes suivent, depuis les salles bruxelloises ou devant les télévisions, les joutes vocales, pianistiques ou violonistiques. Ce cru 2007 était réservé au piano. Le jury ayant donné sa vision des choses, c’est au tour des primés de parader avec panache dans les incontournables « concerts des lauréats ». Seuls les lauréats classés, c’est-à-dire du premier au sixième, se voient offrir la chance de se produire avec orchestre, les autres se limitant à des apparitions solistes. Un jury, aussi prestigieux soit-il (et il l’était en 2007 avec des noms tel Fou T’song, Abdel Rahman-El-Bacha, Bella Davidovich, Paul Badura-Skoda, Cécile Ousset) a une « vision » forcément réductrice des talents des musiciens-candidats en lice ; un concours étant une certaine photographie partielle à un moment donné et certainement pas la vérité. Dès lors, on regrette amèrement l’éviction, dès les demi-finales, du Belge Philippe Raskin, fin musicien entendu dans d’autres circonstances.

Ce premier concert des lauréats, nous proposait en ouverture, le Concerto n°4 de Beethoven par la charmante Hyo-Sun Lim. Très rapidement, un malaise s’installe, la technique est sûre, les nuances sont belles, mais la jeune femme est incapable d’habiter et de vivre ce concerto. Le mouvement lent est artificiel au possible et seul le dernier mouvement nous élève un peu, mais sans atteindre un quelconque moment de musique. Service plus que minimum de la part d’un VRO dirigé de manière fonctionnelle par son chef . Changement radical de style avec le Concerto n°1 de Tchaikovski sous les doigts d’. Certainement fatigué par un mois de concours, le pianiste est en panne d’inspiration il cogne sur son clavier dans les passages forte et se plaît à faire chanter les épisodes plus mélodiques. On le sent à la peine face au tempo et surtout incapable de gérer les contrastes. Les défauts ne feront que s’accentuer au fil de l’interprétation, avec deux derniers mouvements qui sauvent juste les meubles. À sa décharge, le s’ébroue avec trop de complaisance, peu bridé par qui semble affectionner les tutti écrasants et tonitruants.

Chouchou du public et ayant le grand privilège de « jouer à domicile », notre compatriote est la lumière de cette soirée. Son aisance technique et sa musicalité sont deux atouts pour s’attaquer au Concerto n°2 de Liszt. Réussissant à unifier les différents mouvements de la partition, le soliste dialogue avec les musiciens. Galvanisés, ils se lancent dans une poursuite qui culmine dans un final assez échevelé. Un beau moment !

Illustration : © Concours Musical Reine-Elisabeth