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Un cadeau d’adieux fort sympathique …

Foccroulle – Mahler III

Copieux programme que celui destiné à marquer cette fin de saison musicale ainsi que le départ de vers des nouveaux horizons ( il prend la tête du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence à la suite de Stéphane Lissner). Après quinze années passées à la tête du Théâtre Royal de La Monnaie, l’organiste nous livre sa première composition destinée au grand orchestre, accompagnée de chœurs et d’une soprano. La partition met en musique sept poèmes sélectionnés dans l’œuvre de Rainer Maria Rilke. Le talent de Foccroulle quant à l’orchestration est manifeste. Une grande élégance se dégage des différents tableaux esquissés par le compositeur, témoignant également d’une capacité narrative qui nous permet d’espérer qu’il se prenne un jour à composer un opéra. exploite toute la richesse de son orchestre en soignant remarquablement les attaques et fins de phrases. Il parvient ainsi à enchaîner subtilement les différents tableaux, alternances d’atmosphères diaphanes et de tableaux plus tourmentés. Nancy Gustafson se montre très attentive au texte de Rilke et dialogue subtilement avec l’orchestre.

La symphonie n°3 de Mahler aurait pu constituer à elle seule le programme de ce concert. Avoir couplé cette pièce exigeant aux musiciens une très grande endurance à la dernière création de Foccroulle tendait peut-être à surestimer les forces des musiciens de La Monnaie. Et pourtant, c’est d’avantage qui déçoit plutôt que son orchestre. Ono tient visiblement à rendre le discours de Mahler très lisible, il met en évidence les voix principales et exécute les traits de manière très sèche. Hélas, plutôt que de clarifier le discours musical, on finit par ne plus en percevoir l’essence. Les détails qui enrichissent l’œuvre sont difficilement perceptibles, et une aridité se dégage de cette interprétation encore accentuée par la tendance du chef à avoir la main lourde au niveau des nuances. L’orchestre est moins séduisant dans Mahler que dans Foccroulle, sa prestation est correcte mais l’on ne retrouve plus cette qualité d’écoute qui faisait merveille en première partie de concert. est une mezzo au timbre chaleureux, idéal pour installer l’atmosphère pleine de mystère du quatrième mouvement. Les chœurs qui rejoignent ensuite les musiciens sont en verve, mais restent relativement discrets, masqués par un orchestre décidemment trop enthousiaste.

Crédit photographique ©DR