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Les Stradivari jouent les quintettes de Mozart

Au début de l’époque classique, lorsque la basse continue disparaît, de nouveaux genres de musique de chambre apparaissent, tels les trios, quatuors et quintettes à cordes. Si pour les deux premiers, l’effectif s’est stabilisé assez rapidement, pour le dernier, en revanche, constitué finalement d’un quatuor à cordes augmenté d’un instrument, aucune norme stricte ne semble avoir pu se définir. Certains compositeurs ont ajouté un second violoncelle (Boccherini, quasi-créateur du genre, Schubert) ou une contrebasse (La Truite du même Schubert), ce qui confère à l’ensemble une sonorité orientée vers les extrêmes. Mozart, à l’instar de Michael Haydn (le frère de Joseph), a toujours choisi l’option avec deux altos (si on excepte la Petite Musique de nuit, qui est une sérénade et qui comprend une partie de contrebasse), ce qui a alors pour effet de renforcer le médium.

La production mozartienne ne comporte que six numéros, composés à des époques différentes. Le tout premier essai date de 1773 et ne sera suivi de trois autres destinés à la publication qu’en 1787 (dont un arrangement d’une œuvre antérieure) ; les deux derniers, quant à eux, datent de la fin de 1790 et d’avril 1791. Ces œuvres magnifiques et profondes – sans doute moins « commerciales » que les quatuors – ne se laissent pas forcément appréhender du premier coup d’oreille mais ne sont pas non plus totalement ésotériques, avec un peu d’attention on y trouve très vite son compte.

Le quatuor italien Stradivari (la mère au premier violon, la fille au second, le père au violoncelle et un ami à l’alto) auquel s’est jointe l’altiste française nous donne une version très convaincante de ces chefs-d’œuvre. Ces cinq musiciens, parfaitement à l’écoute les uns des autres, réussissent à atteindre, dans la cohésion, une perfection véritablement remarquable. Les options d’interprétations (tempi, nuances, attaques, etc. ) sont toutes cohérentes et ne peuvent jamais être prises en défaut. C’est vraiment très bien fait. La prise de son est également à louer : pas de grincements dans les aigus, souvent reprochés aux enregistrements des cordes, tout le spectre est rempli !

Si vous ne connaissez pas ces œuvres et qu’elles vous tentent, n’hésitez pas : vous aurez beaucoup de chance de les découvrir avec ce coffret.

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