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Katrin Scholz : une réussite

Le répertoire des « grands » concertos romantiques pour violon est inauguré avec celui de Beethoven et se poursuit tout au long du XIXe siècle avec ceux de Mendelssohn, Brahms, Sibelius, Bruch… À chaque fois, le challenge est le même : il s’agit d’une part de concurrencer les œuvres concertantes écrites pour l’instrument-roi de l’époque, à savoir le piano, et d’autre part de faire dialoguer de la manière la plus équilibrée possible l’orchestre romantique avec un violon solo. Les compositeurs cités plus haut ont parfaitement atteint leur objectif avec souvent une seule œuvre de cette catégorie.

Du temps des disques noirs, non seulement la durée d’enregistrement était plus réduite, mais il semble également que les chefs d’orchestre d’alors n’étaient pas trop pressés, ils « prenaient tout leur temps » avec les œuvres « poids lourd » du répertoire. Nous avions donc un seul concerto par disque (premier mouvement sur la première face et les autres sur la seconde)… De nos jours, la durée d’un CD peut facilement dépasser les 70 minutes et les chefs « modernes » n’hésitent pas à remuer leurs troupes, ce qui fait que désormais deux concertos tiennent maintenant très couramment sur un seul cd.

La violoniste berlinoise , accompagnée par deux orchestres de la capitale allemande, dirigés par , nous donne ici une splendide version des concertos de Brahms et de Sibelius, deux monuments du genre. Ces deux œuvres sont magnifiquement interprétées, tout en finesse et en virtuosité : sous ses doigts, tous les traits ont l’air tellement facile à jouer et les passages plus lents semblent si chantants que c’en est tout bonnement magnifique. Les orchestres, eux aussi, sonnent très bien. Le concerto de Brahms est accompagné par l’Orchestre de Chambre de Berlin et celui de Sibelius par la formation de la Radio de Berlin, et jamais leur masse orchestrale n’écrase la soliste. Au contraire, ils lui fournissent un magnifique écrin qui lui laisse tout le loisir de s’exprimer. La direction de n’y est pas pour rien et ce dernier réussit parfois à donner l’impression que nous écoutons de la musique de chambre, tant la précision au niveau des attaques est grande. Il faut dire que Brahms l’aide beaucoup : le deuxième mouvement de son concerto débute par un long passage joué uniquement par un double quintette à vent !

Pour conclure, ce disque pourra figurer dans votre liste d’achats de la rentrée.

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