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Lisa Batiashvili : Sibelius face à Lindberg

Dans le cadre d’un retour au premier plan sur la scène classique, Sony édite le premier disque de concertos de la jeune violoniste géorgienne . Lauréate en 1995, à l’âge de 16 ans du Concours Sibelius, la jeune femme nous offre une version lumineuse de la partition. Assez élaborée, cette interprétation fascine par le superbe travail sur les nuances et les phrasés, la soliste fait aussi rayonner les teintes lumineuses de son instrument. De son côté, lui tisse un écrin somptueux mais dont la minéralité s’accorde à merveille avec la vision de la concertiste. Bien évidement, la discographie de ce tube du répertoire est barrée par d’innombrables références mais cet enregistrement mérite aisément une des premières places parmi les grandes versions modernes : Repin/Krivine (Erato) et Sergueï Khatchatrian (Naïve).

Mais c’est le complément qui fait le prix de ce disque. Batiashvili, nous propose en première mondiale le concerto pour violon de qu’elle a créé en 2006 sous la baguette de Louis Langrée, dans le cadre du festival Mostly Mozart de New-York. Incontestablement, il s’agit d’un ajout majeur au répertoire concertant pour violon. L’écriture, pour petit orchestre, est ciselée à l’extrême par une orchestration foisonnante d’idées et très inspirée de Sibelius. La pièce d’une durée, légèrement inférieure à la demi-heure témoigne de l’évolution récente du compositeur vers une recherche sur des textures complexes mais qui sonnent avec une nostalgie automnale. Soliste et chef livrent une prestation sans concessions et portent cette musique au rang de chef d’œuvre.

En dépit d’un découpage limité à deux plages, ce disque nous propose un très grand moment de musique et un couplage d’une grande intelligence stylistique.

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