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Muti et la radio bavaroise à la Philharmonie du Luxembourg

Luxembourg Festival 2007

Très intéressant programme que celui proposé par , le Chœur et l’Orchestre de la Radio Bavaroise dans le cadre de «Luxembourg Festival». Les trois pièces jouées au cours de la soirée interrogent en effet, l’une comme l’autre, la destinée de l’âme humaine et la portée de la vie spirituelle, qu’il s’agisse d’ouvrages qui s’appuient sur un texte profane, comme les morceaux de Schubert et de Petrassi, ou au contraire d’une musique reposant sur un texte sacré, comme la messe de . Le fil conducteur de la soirée se voit encore renforcé par le choix des effectifs choraux et instrumentaux (voir la place dévolue aux parties de contrebasse, chez Schubert et Petrassi…), les morceaux présentés en première partie faisant tous deux intervenir un chœur exclusivement masculin, auquel ne se joignent les pupitres féminins que pour la Messe solennelle de Berlioz, donnée en fin de programme.

Dans la pièce de Schubert donnée dans sa version pour quatuor à cordes (huit altos, six violoncelles et quatre contrebasses), les chanteurs munichois font merveille, même si la direction de manque quelque peu de profondeur. Le chef d’orchestre italien se montre davantage à l’aise dans la belle partition de , dont l’orchestration tout à fait atypique, mais très réussie, met particulièrement en valeur les pupitres de l’orchestre de la radio bavaroise.

La pièce maîtresse de la soirée reste cependant la Messe solennelle de Berlioz, partition redécouverte dans les années 1990 et qui gagne évidemment à être davantage connue. Œuvre d’un compositeur âgé de tout juste vingt ans, l’ouvrage montre tous les talents d’orchestrateur dont fit preuve plus tard le grand Berlioz, musicien dont la fraîcheur juvénile aura rarement été aussi manifeste. On pourra difficilement imaginer un «Laudamus te» aussi jubilatoire et aussi «printanier».

Orchestre, choristes et solistes font merveille dans cette grande et belle œuvre, avec une mention particulière pour le pupitre des sopranos, à la partie extrêmement difficile à tenir. Saluons également la très belle prestation de la jeune Genia Kühmeier dont la voix cristalline fait merveille dans le duo avec la basse Petri Lindroos. Le ténor complète un trio vocal de bonne tenue. Merci à Riccardo Muti d’avoir construit et mené à bien un programme d’une grande cohérence thématique, malgré l’apparente hétérogénéité, sur le plan chronologique, des ouvrages proposés pour ce concert.

Crédit photographique : © Laurent Blum