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Gershwin et Adams : « Deux américains à Paris » !

Jamais Paris n’a entendu un si ironique et énergique !

Le changement de chef d’orchestre annoncé à la dernière minute n’a pas mis en danger la réussite de cette soirée indescriptible signée .

Sa personnalité brillante et l’esprit exubérant ont donné une touche inédite à Un Américain à Paris qui évoque en musique le séjour de Gershwin dans la capitale en 1920. Les contrastes de rythmes et de dynamiques et le choix des tempi fondamentaux pour la représentation de ce kaléidoscope musical ont amené le public dans un parcours imaginaire dans les rues de la ville. Le a su offrir à l’auditorium une synthèse unique entre musique populaire, inflexions jazz, tradition savante, dans un mélange de styles et de couleurs très charmants.

Le concerto en fa de Gershwin a signé le triomphe parisien de . Ecrit en trois mouvements classiques, ce concerto est tout sauf traditionnel : l’utilisation du piano en tant qu’instrument à la fois percussif et rythmique. La charge d’énergie de Marshall, interprète renommé de la musique des Etats-Unis du XXe siècle, a donné à l’œuvre un élan irrépressible. L’accord parfait entre l’orchestre et le piano, le très beau « sound » du soliste, son agilité touchent très près à la perfection.

Harmonielehre de a conclu cette soirée américaine. Le discours basé sur le principe de répétition se renouvèle à chaque fois par une profusion sonore et une variété de timbres et de percussions. L’œuvre faisant référence au Traité d’harmonie de Schœnberg renvoi clairement à la grandeur sonore de Mahler la dépassant avec une magnificence qui dénote la marque personnelle d’Adams. Eloquence sonore et puissance caractérisent les trois mouvements. Le premier sans titre s’oppose par son caractère majestueux au deuxième The Anfortas wount, plutôt méditatif qui ne manque pas cependant d’exalter les fortes sonorités et les multiples gestes sonores des percussions (marimba, vibraphone, cloches, crotales, timbales, grosse-caisse, cymbale suspendu etc. ). Le dernier mouvement Meister Eckdardt and Quackie au caractère presque mystique est une sorte de vision médiévale. L’accord symbolique de mi bémol majeur d’inspiration wagnérienne, les répétitions des piccolos et le jeu du célesta, nous plongent dans une atmosphère presque surréelle. La musique magistralement exécutée par l’orchestre donnait l’illusion d’une multiplication illimitée de l’espace inspirant aux spectateurs/auditeurs des multiples images mentales. Bravo Maestro !

Crédit photographique : Peter Rigaud