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Du Spohr à l’anglaise!

Une assez récente biographie éditée par les éditions Papillon nous rappelait que fut l’une des grandes gloires du XIXe siècle. C’est donc avec intérêt que l’on reçoit ce disque de deux de ses symphonies car les éditeurs commencent à se bouger pour ce compositeur qui fait le pont entre le classicisme et le romantisme. Ainsi, après des disques consacrés à ses concertos et à sa musique de chambre, le label Hyperion se lance dans ce qui devrait être une intégrale des symphonies du compositeur. Ce travail fera, du moins en termes de fini orchestral, un sérieux ombrage à l’intégrale fort oubliable d’Alfred Walter à la tête de différents orchestres d’Europe centrale (Marco Polo).

Ce premier disque s’article autour des deux premières symphonies et de la brève Grande ouverture de concert enregistrée ici en première mondiale. Les deux symphonies, d’une grosse demi-heure chacune, sont encore assez tournées vers le classicisme d’un Haydn et les premières tentatives d’un Beethoven. C’est bien troussé et bien orchestré, mais il manque l’étincelle du génie pour soutenir l’attention au long de certains longs développements.

L’interprétation d’ et de son orchestre radio-suisse italien est de belle facture. Le chef se plait à tirer cette musique vers les premiers essais de Schubert, se plaisant, ça et là, à une nonchalance bonhomme. C’est très anglais dans l’attention portée au style et aux nuances, mais cette vision, trop propre et lisse sur elle, est avare de rage et de pugnacité, atouts indispensables pour transcender les faiblesses de ces deux pièces. La prise de son est très belle et la notice de présentation, comme toujours chez Hyperion, est un bonheur d’érudition.