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Arsène Lupin banquier de Marcel Lattès : Deux heures de bonheur

Le chef d’orchestre donne le ton lorsqu’il entre dans la fosse en prenant en otage toute la salle de l’Athénée. Une précaution qui se révèlera bien peu nécessaire tant le public est conquis par Arsène Lupin banquier, opérette de montée par la compagnie , dans la lignée de leurs précédentes productions, dont Ta Bouche et Toi c’est moi, du même parolier Albert Willemetz. Maurice Leblanc n’avait donné l’autorisation de créer une opérette sur son personnage d’Arsène Lupin qu’à la condition que ce soit son neveu qui en composât la partition. Librettiste et lyricistes nous montrent le gentleman cambrioleur sous un aspect d’ailleurs original, celui d’un redresseur de torts au cœur tendre qui s’embourgeoise en devenant directeur de banque afin d’aider la jeune première à épouser son benêt de soupirant. Un beau mélange de situations toutes plus cocasses les unes que les autres, dans lequel s’engouffre une mise en scène bien troussée. Les décors sont simples et beaux, les costumes colorés s’inspirent autant de l’époque de la création que des années hippies, en particulier pour une famille Legrand-Jolly caricature de la bourgeoisie.

ne faillissent pas à leur réputation, celle d’une équipe enthousiaste et enthousiasmante, dont la réelle complicité de troupe n’est pas la moindre de leurs qualités. Et la qualité est au rendez-vous ! Autour d’un Arsène Lupin élégant et charmeur, ses acolytes Flo et Gontran rivalisent de drôlerie et d’abattage, avec ce qu’il faut d’accent titi parisien, de gouaille et de charme à la fois. joue avec bonheur la naïve Francine, Isabelle Mazin évoque furieusement Isabelle Nanty et joue une cocotte hors pair. Sans parler du numéro irrésistible de Thomas Gornet que nous ne dévoilerons pas ! Le reste de la distribution est à l’avenant, tous artistes complets : chanteurs, acteurs, danseurs. Et les voix suivent, celles d’ et de évoluent dans le bon sens, la première raffinant son émission, la seconde perdant de sa verdeur et gagnant en mœlleux dans le registre supérieur ; quant à , qui reprend le rôle créé par Jean Gabin, sa voix franche et claire est une révélation ! L’ensemble de la troupe n’a plus à prouver ses qualités de diction et la partition inventive, mêlant les canons du genre à des rythmes audacieux, imprégnés de nombreuses influences – on est entre le music-hall, l’opérette et Broadway ; les airs et l’humour sont parisiens mais la musique swingue – est servie avec talent et amour. Un spectacle à ne pas manquer, tous publics et diablement efficace, à l’Athénée jusqu’au 13 janvier 2008 puis en tournée dans de nombreuses villes d’Ile-de-France principalement.

Crédit Photographie : © Elisabeth de Sauverzac