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Bach…. Avec la fougue de la jeunesse !

Les œuvres que nous offrent cet enregistrement ont été maintes fois enregistrées que soit sur instruments anciens ou modernes et une fois de plus on pourrait être tenter de faire des comparaisons avec des versions préalables (comme celle de Jordi Savall et Ton Koopman chez l’Astrée pour les sonates pour viole de gambe et clavecin obligé), mais ne le faîtes surtout pas. Un souffle de vie pourrait vous échapper !

Bach est une parcelle d’infini, une flamme qui s’offre à tout interprète (et à chacun d’entre nous), qu’il lui faudra interroger, comme ces papillons d’un conte perse se demandant ce qu’elle est, se présentant à elle avec humilité ou orgueil, force ou faiblesse, allant jusqu’à s’unir à elle pour mieux la connaître.

Nos deux jeunes interprètes, à la viole de gambe et au clavecin, savent déjà dès le livret, nous toucher par leur sens de l’émerveillement devant les instruments anciens qui leur ont permis d’aborder ces œuvres. Alors que leur jeune talent est déjà reconnu, ils savent se présenter à elles, avec l’humilité de l’apprentissage, la lumière intérieure évanescente et un sens de l’espérance si propre à Bach.

Leur entente est parfaite. Elle leur permet de faire dialoguer, chanter, respirer leurs instruments en quête d’un bonheur infini, que ce soit comme dans la Sonate BWV 1028 aux fabuleuses ornementations et aux touchers aériens, fins et d’une virtuosité inouïe, ou comme dans la Sonate BWV 1027 où de l’Adagio à la mélancolie pastorale au sublissime Andante, dont la poésie émane non seulement de l’écriture mais plus simplement du sens du mouvement, de cette pulsation qui semblent conduire nos deux jeunes interprètes à se libérer, à s’oublier et à nous faire oublier la maîtrise technique, pour mieux défendre et nous offrir la délicate beauté de cette musique.

Ces œuvres qui furent si longtemps considérées comme des œuvres de jeunesse, et dont on sait aujourd’hui qu’elles furent celles de la maturité, celles d’un homme au fait non pas de sa gloire mais de sa maîtrise et de sa générosité musicale, faisant concerter les instruments ou bien comme dans la Suite pour violoncelle seul nous surprenant par un dépouillement à la profondeur et à la gravité qu’ sait nous rendre de manière bouleversante.

Quant à , qu’elle éloquence, qu’elle souplesse, qu’elle merveilleuse luminosité, sa relecture du clavecin de Bach, redonne à cette musique la gravité et la joie de la jeunesse.

Voilà un duo dont la fougue emportera toute réserve, de celle qui rend toujours méfiant devant ces pages si souvent (mais on le constate ici pas trop) enregistrées et qui n’ont pas fini entre des doigts ensorcelés et des âmes en quête de beauté de se laisser redécouvrir.

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