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Découverte posthume d’un compositeur un peu daté

Élève de Vincent d’Indy à la Schola Cantorum, fait sûrement partie des musiciens les plus mémorables d’entre les improvisateurs qui jouaient de l’orgue ou du piano pendant les projections de films muets dans les cinémas parisiens des années 1920. Détaché des querelles esthétiques, est l’auteur d’une musique colorée à la française, avec des harmonies charmantes et un contrepoint exactement sympathique. Désintéressé par la promotion de ses œuvres, le compositeur a travaillé loin des coteries, si bien que sa musique ne commence à être jouée et enregistrée que depuis 1979 (date de sa mort à Angers).

À l’écoute du Quatuor pour bois qui ouvre ce disque dont Gabriel Fumet a assuré la direction artistique, nous n’aurons pas tant l’occasion de moduler notre impression : les équilibres sont pittoresques, ils ont même l’air de se vouloir plus stationnaires qu’il n’est possible. La Danse Paysanne fonctionne comme un tissage : les musiciens se prennent au jeu de question/réponse et, du coup, n’arrêtent pas de se répondre aux uns aux autres, mais ne semblent pas beaucoup pouvoir faire quelque autre chose. Le Souffle sur les eaux (premier mouvement du Quintette à vents) a bien le souci de la gouttelette, pour dire que les détails sont nombreux, généreux et copieusement variés. Mais l’homogénéité que cela doit générer est un peu surexposée. D’une manière générale, sur l’ensemble du disque, la rondeur dans les timbres et la fraîcheur des rythmes sont aussi admirables qu’homogènes. Si bien que le Quatuor à cordes, par le changement de couleurs, offre d’abord une respiration à l’auditeur qui, dès lors, peut s’ouvrir aux homologies plus structurelles ou stylistiques.

Une heure de musique sans heurt. De la musique d’ameublement de haute tenue, faudrait-il pouvoir dire sans affront.