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Métamorphoses de Frédéric Flamand : constat d’échec

Pour son second programme au Théâtre National de Chaillot, le Ballet National de Marseille, dirigé depuis septembre 2004 par le chorégraphe , a choisi de s’inspirer librement des Métamorphoses d’Ovide.

Très librement, sans doute, car le spectateur, peu familier des différents épisodes du chef-d’œuvre antique, se perd dans une succession de séquences aux personnages indéterminés, où l’on distingue vaguement Diane et Actéon, Phaéton, Persée et la Méduse, Pégase, Narcisse, Pallas et Arachné ou Médée.

Le décor, de grands anneaux de métal tressés de fils plastique, et les accessoires conçus par les designers brésiliens Humberto et Fernando Campana, dont c’est la première collaboration scénique, sont bien censés l’y aider, mais il faut faire de grands efforts pour reconnaître dans le bouclier fait de miroirs brisés ou le masque de fils de plastique entrelacés les éléments qui métamorphoseront dieux et déesses, héros ou héroïnes de l’épopée d’Ovide. D’autres collaborations avec des artistes-designers, comme celle d’Angelin Preljocaj avec Fabrice Hyber pour « Les 4 Saisons » ou Hervé Robbe avec Richard Deacon pour « Factory » ont montré plus d’efficacité en raison d’une meilleure intelligence du propos et d’une appropriation plus nette des objets par les interprètes. Un dispositif scénique, si audacieux soit-il, doit d’abord servir un propos, une pièce et s’offrir comme véritable support à la création, ce qu’il ne fait pas ici.

Chorégraphiquement, hésite à choisir un style et alterne séquences musclées et scènes fœtales ou aquatiques, sans dégager la moindre personnalité ou l’esquisse d’une écriture qui lui soit propre. Il n’y a ni humour, ni fantaisie dans ce spectacle soporifique et daté, lourdement souligné par un choix musical incompréhensible, qui alterne sans la moindre logique musique vivante (claviers, violon et percussions) et musique enregistrée. Dommage, car la compagnie est excellente et mériterait de travailler avec de bons chorégraphes, contemporains ou de répertoire, au lieu d’en être réduit à une parodie du Lac de cygnes pour évoquer l’épisode de Léda !

Crédit photographique : Pino Pipiptone

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