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Quand Sor sert la séguedille

Ce qui caractérise cet enregistrement tient au climat sympathique et bon enfant qu’il dispense. Dès l’abord cette atmosphère authentiquement populaire (au sens le plus « noble » du terme) situe le cadre social et historique de ce type de manifestation dans la Catalogne natale de . On retrouve avec cet enregistrement une ambiance analogue à celle créée lors d’une soirée napolitaine organisée dans les Jardins du Manoir d’Eyrignac (Salignac, Périgord) lors du Festival du Périgord noir en août dernier.

Les textes, les interprètes et la musique n’ont pour seule ambition que d’offrir un moment de plaisir simple mais raffiné aux auditeurs. Formé à Montserrat (Escolinia) Sor s’intéresse à la musique vocale polyphonique et approfondit ses études par un travail sur Haydn et plus largement sur le style classique. Ayant participé à un gouvernement d’occupation placé sous l’autorité de Josef Bonaparte, Sor est obligé d’abandonner définitivement sa terre natale lorsque les Français se retirent en 1813. Dès lors, il voyage à travers les grands centres européens notamment à Londres et à Paris où il meurt à l’âge de soixante et un ans. Sa réputation repose à juste titre sur ses œuvres pour guitare mais aussi, moins nettement cependant à présent, sur deux opéras et des ballets. Dans le registre de la Seguedillas Boleras, style directement issu de la tradition populaire, il met en scène deux ténors et un baryton avec la présence complémentaire de deux guitares romantiques et de castagnettes.

Les compositions jouées offrent une constante délicatesse rythmique, une facilité mélodique étonnante, un attrait qui ne faiblit jamais. Ces qualificatifs valent pleinement et même au-delà pour les membres du groupe Laberintos Ingeniosos dont la prestation justifierait à elle seule une large diffusion de ces compositions. Ces dernières comprennent également quelques pièces pour guitare seule (Estudio ; Introduction, Thème et Variations, op. 9) remarquablement interprétées par , lequel excelle encore dans la Fantasia para dos guitarras, op. 41, en compagnie de son estimable compère Enrike Solinís. Tous ces artistes extraient de ces partitions peu connues de splendides effets en rien préjudiciables à leur authenticité.

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