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Intégrale des symphonies de Beethoven par Hugh Wolff, pourquoi pas?

Difficile de s’attaquer à l’enregistrement des symphonies de Beethoven, quand tant de versions, certaines sublimes, existent déjà ? Qu’apporter de plus quand tout, ou presque, a déjà été dit ? La version du (Orchestre de la Radio de Francfort) ne fera probablement pas partie des références pour l’histoire de l’enregistrement discographique, mais elle ne démérite pas non plus. Même si l’ensemble des symphonies a été enregistré sur une durée de 4 ans, on retrouve globalement les mêmes qualités et (petits) défauts sur chacune d’entre elles. Cela montre la forte implication et influence du chef, , sur l’orchestre.

Pour parler des défauts, puisqu’il faut bien les mentionner, nous dirons que l’ensemble est parfois un peu trop sage, scolaire, manque de profondeur, et d’éclat. Tout est propre, rien ne manque, mais de temps en temps un peu trop « solfégique » et il manque le « petit plus », davantage de passion, pour nous transporter vers les sommets de l’Art.

Les Symphonies n°1, 2, 4 & 8 conviennent parfaitement à l’orchestre qui adopte des tempi adéquats et sait alterner entre verve et passages plus sombres sans tomber dans le pathos et la lourdeur. La n°5 aurait pu être plus dramatique, de même que la n°3, mais dans les deux cas, les mouvements intermédiaires se distinguent par rapport aux mouvements extrêmes par leur interprétation toute en nuances. Là aussi, le chef privilégie une approche plus « classique » que « romantique ». Une Pastorale fraîche et ensoleillée nous emmène l’été dans un recoin de campagne. La n°7 manque, quant à elle, un peu de fougue et peine à nous entraîner dans le tourbillon de la danse. Pour la n°9, saluons tout d’abord la qualité des solistes et des chœurs, qui par leurs timbres, leur homogénéité et leur interprétation contribuent fortement à faire de cette ultime symphonie l’une des plus belles réussites de ce coffret. L’orchestre passe avec plus d’assurance et de franchise d’un caractère à l’autre et nous offre ainsi une version riche en couleurs, en contrastes et en émotions, sans facilités et sans mièvrerie pour, ces deux dernières qualités pouvant être aussi attribuées à l’ensemble des symphonies.

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