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Un Biss à réentendre

(né en 1980) est un jeune pianiste américain, fils et petit-fils de musiciens (joueurs de violon et de violoncelle) ; autrement dit, la musique, il connaît très bien car il en a sans doute reçu une bonne quantité dans les gênes. Pour la petite histoire, sa mère violoniste donnait encore des concerts lorsqu’elle était enceinte jusqu’aux ouïes, si on veut bien nous passer l’expression. Ayant signé chez EMI, voici donc son troisième album produit par cette maison, intégralement consacré à des Sonates de Beethoven, pièces maîtresses du répertoire pianistique.

En mettant le disque dans le lecteur, on pourrait se dire : « encore un petit jeune qui va tenter de laisser une trace dans la discographie déjà pléthorique des œuvres pour piano de Beethoven ! » car des versions de ces Sonates remplissent déjà d’innombrables rayonnages de discothèques et la concurrence n’est rien moins que phénoménale sur ce terrain. De plus, la photo de la pochette du disque nous montre un jeune homme sur le trottoir d’une rue le soir, croisant les doigts de ses mains en nous lançant un regard assuré signifiant peut-être « vous allez voir de quoi je suis capable ». En voilà un qui semble ne pas avoir froid aux yeux.

Mais l’essentiel dans un disque reste la musique et au moment de l’écoute, tous les a priori négatifs que l’on pouvait émettre sautent assez rapidement : ce jeune homme a incontestablement l’étoffe d’un grand interprète. Le discours musical est parfaitement intelligent et cohérent et son Beethoven sonne ici tout naturellement et facilement, sans maniérisme ni timidité mais avec beaucoup de franchise assurée. Les premières plages du disque sont consacrées à la Pathétique, sonate archi-connue et aucun faux-pas n’est perceptible : nous emporte avec lui dans sa vision de l’œuvre et on ne peut que suivre avec ravissement (même le Miiiiiiid-niiight bluuuuuue du mouvement lent). Sans plus détailler inutilement outre mesure le reste du programme, la suite est interprétée de la même manière : cela sonne bien et juste. Ce Biss-là est donc, avec toute votre indulgence pour ce jeu de mots souffreteux, à entendre deux fois plutôt qu’une ! On ne peut souhaiter que d’entendre encore ce pianiste dans d’autres œuvres. Les inconditionnels de l’Internet pourront aussi le retrouver dans quelques bribes de concerts ou de documentaires sur les sites de vidéos comme Youtube et pourront donc voir un peu notre artiste en question en action.

Biss repetita placent, comme ils disent en Romanie (le pays des Romains) !

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