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Mahler Gergiev LSO, version péplum colorisé

Après les turpitudes de Dijon (un souci de bagages qui n’a pas empêché l’excellence du concert), le LSO faisait sa deuxième escale parisienne pour 2008 avec le même programme. Mahler par un chef russe, on sait que ça déménage : Evgueni Svetlanov nous l’avait prouvé par quelques symphonies (dont une stupéfiante n°3) gravées chez Melodyia. s’inscrit dans la lignée de son illustre prédécesseur : comme lui il sculpte le son, se permet de menues libertés avec la partition, exagère au possible tous les paramètres, et livre au public une lecture survoltée et haute en couleurs.

Rien de moins orthodoxe (et pour cause !) que cette vision de la Symphonie n°7 de Mahler. Les pizzicatos sont presque bartokiens, aucun alanguissement romantique n’est de mise, les ländlers et autres valses tristes sont dopés à la scansion rythmique et virevoltent sous les mains de Gergiev. Le Scherzo central est plus déjanté que jamais, sardonique, virant à la Totentanz démoniaque. Les Nachtmusik qui l’entourent offrent des moments de répits dans cette orgie sonore. Car tout cela n’aurait pu être sans l’excellence du . Cordes homogènes, section de cuivres brillante et solide, petite harmonie sonore et colorée, … Tout y est, les superlatifs manquent, on ne sait plus quoi dire, tant l’interprétation était tout à la fois excellente et si peu habituelle.

Le public, les oreilles pleines de sons (et de beaux sons), en redemande. Patience, pour le même orchestre ce sera le 19 juin, avec Mozart et Strauss, sous la direction de Bernhard Haitink. Avec , il faudra attendre la saison 2008/2009 pour quatre concerts Prokofiev qui risquent de faire exploser Pleyel.

Crédit photographique : © Sasha Guzov