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La magie, la magie et encore la magie ?

Nous l’avons souvent signalé dans ces colonnes, l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam est l’une des très rares phalanges à posséder les couleurs idoines pour rendre justice aux trésors de la musique française. Dès lors, on se faisait une joie de mettre ce nouveau CD sur la platine. Naturellement, les timbres sont magnifiques et procurent un grand bonheur auditif.

Dans la Mer, Jansons est attentif à la construction, mais il prend un peu trop de plaisir à souligner, avec nonchalance, certains détails et thèmes de l’orchestration. C’est bien conduit, mais il manque le zeste d’alchimie sensuelle ou l’acuité rythmique pour transcender cette musique à l’image de Rattle (EMI), Boulez (DGG) ou Tilson Thomas (Sony) pour citer des références « modernes » de la discographique.

Le concerto pour violon de Dutilleux (dont il s’agit ici du septième enregistrement), bute, en premier lieu, sur la rugosité du jeu du soliste. L’accompagnement est léché techniquement et ensorcelant à l’extrême dans ses timbres, mais il peine à se mêler au jeu du violoniste, le tout sur fond de tempi plutôt (et trop !) rapides. Notre préférence reste donc à Pierre Amoyal (Decca), Renaud Capuçon (Virgin) et Olivier Charlier (Chandos).

La Valse conclusive, est dirigée avec brio, mais on guette, en vain, la rage dévastatrice d’un Munch (RCA), insurpassable dans cette partition.

Ce disque n’est en rien déshonorant, mais de tels musiciens, on attendait encore mieux surtout après le choc provoqué par la suite n°2 de Daphnis et Chloé de Ravel par Jansons mais cette fois avec son orchestre bavarois (Sony). La prise de son est convenable, mais elle pêche par son absence de précision.