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Villa-Lobos, intégrale des Choros, acte 1

Après une intégrale des Bachianas Brasileiras par cette même équipe, Bis se devait de se lancer dans un enregistrement complet de l’imposante série des Choros de l’Indien blanc. Si l’on compte l‘Introduction aux choros pour guitare et orchestre et le choros bis pour violon et violoncelle, la série des choros compte 16 parties (dont deux : les choros n° 13 et n° 14 ont été perdues) composées au long de la décennie 1920. Sur le fond cette idée éditoriale est excellente et risque de marquer son temps en s’imposant comme la première intégrale des Choros menée par une même équipe artistique. La précédente tentative amorcée, assez brillamment par ASV, ayant tourné cours à cause de la faillite du label anglais.

L’imposant Choros n° 11 pour piano et orchestre (de plus d’une heure), dédié à Rubinstein est une sorte d’ovni musical fascinant et intriguant. Inspiré de la forme du concerto grosso, il est distendu à l’extrême pour déboucher sur une sorte de concerto romantique qui explore l’âme tout en mêlant une évocation pittoresque de la faune et la flore du Brésil. Grande connaisseuse des musiques de son pays natal, fait briller l’écriture soliste alors que l’Orchestre Symphonique d’Etat de São Paulo lui tisse un écrin soyeux et luxuriant. Ce travail haute couture s’impose au sommet avec un autre disque scandinave : celui de l’orchestre de la radio finlandaise dirigé par Sakari Oramo avec en soliste Ralf Gothoni (Ondine).

On poursuit l’aventure avec le Choros n° 7 « Settimino » et son instrumentarium inusité : flûte, hautbois, clarinette, basson, saxophone, violon et violoncelle en coulisse ! En une dizaine de minutes, cette pièce scande des rythmes verticaux et enchantés qui citent à la fois le Stravinsky du Sacre et la musique brésilienne tout en superposant des rythmes, des chants, un peu à la manière d’un Charles Ives, mais avec charme et une couleur très « hémisphère sud ». Pour conclure, l’oreille passe au piano solo avec le Choros n° 5 Alma brasileira pour piano soliste, l’un des classique de la littérature instrumentale sud-américaine.

Artistiquement superlative et servie par une prise de son Bis, c’est-à-dire ample, généreuse et réaliste (on a l’impression d’avoir les instrumentistes du Choros n° 7 à domicile), ce disque est une merveille à thésauriser prestement.

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