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Murray Perahia, l’Art de penser Bach au piano

 

Si le nom de reste incontestablement rattaché à la musique romantique, il faut reconnaître qu’entre une intégrale Mozart assez ancienne et ses nouveaux enregistrements de (Suites anglaises, Variations Goldberg, Concertos pour claviers), le pianiste s’affirme capable de passer d’une époque à l’autre avec une justesse de ton et une intelligence déconcertantes.

Légèreté, finesse, grâce, conduite pensée et pesée des voix dont la lisibilité n’en ressort que clarifiée, tempo mesuré, nuances subtilement amenées, toucher incontestablement peaufiné, sensibilité distillée… tout ceci fait montre d’un art de jouer du piano en maître.

Alors, certes, les « spécialistes » de musique ancienne peuvent regarder d’un mauvais œil une version des 2e, 3e et 4e partitas de Bach sur instrument moderne. Mais sait convaincre en respectant les subtilités musicales baroques et en ajustant les exigences de la partition grâce à des moyens techniques parfaitement maîtrisés ainsi qu’une pensée musicale adaptée, et ce, aussi bien dans la macrostructure (l’appréhension de l’œuvre dans son ensemble) que dans la microstructure (quelle précision et quel sens du phrasé et de l’articulation !).

Le résultat est vraiment convaincant : quelle somptueuse majesté dans les ouvertures à la française ! Et les danses de Bach prennent une tournure particulière, plus austère que certaines versions sur instruments (ou copies) d’époque, mais avec une densité et une profondeur certaines. Autre vision que celle de Glenn Gould, également particulière pour ne pas dire inclassable. De plus, la prise de son soignée souligne les polyphonies subtiles et contribue pleinement au plaisir musical.

Avec Murray Perahia, il n’y a pas à dire : la pensée touche l’auditeur au plus profond de lui-même.

A écouter et réécouter sans modération.

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