ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Gewandhausorchester Leipzig, après un rêve

Depuis trois ans (son inauguration remonte à 2005), la capitale du Grand-duché du Luxembourg possède une magnifique salle de concert, signée par le prestigieux architecte de la Cité de la musique à Paris, Christian de Portzamparc. Supporté par 823 colonnes, ce «péristyle de lumière» – pour reprendre les propres mots de son concepteur – inclut deux espaces harmonieux : le grand auditorium et la salle de musique de chambre. Si cette dernière se caractérise par son acoustique d’une incroyable richesse et par sa chaude intimité, le grand auditorium se signale pour l’essentiel par ses teintes chaudes et ses belles grandes orgues qui produisent un curieux effet fusionnel d’écho et de reflet avec les tours latérales dont elles semblent stimuler l’élan ascensionnel.

Quant à la programmation de la saison 2008-2009, elle est plus qu’alléchante : Herbie Hancock au London Symphony Orchestra (dirigé comme il se doit par Colin Davis), Alfred Brendel, Roberto Alagna et bien d’autres considérables invités… La Philharmonie n’hésite pas, dans le même temps, à programmer des manifestations plus étonnantes, à l’image de la prometteuse soirée acousmatique, «Under Water», qui aura pour cadre la piscine de la ville, et à l’occasion de laquelle le maillot de bain est vivement conseillé sur le programme !

Cette année, c’est donc à Riccardo Chailly, au Gewandhausorchester de Leipzig et aux chœurs de l’opéra de Leipzig qu’il revenait d’ouvrir les festivités.

Ouvrant la soirée avec le Songe d’une nuit d’été, Riccardo Chailly en proposa une version plutôt enlevée, avec des tempi rapides une dynamique inhabituellement vigoureuse. De quoi séduire tous les auditeurs, y compris ceux qui n’ont jamais été convaincus par le génie particulier de cette œuvre. Changement complet d’atmosphère avec Daphnis, l’une des partitions majeures du XXe siècle, qu’il est trop rare d’entendre dans son intégralité. Un moment de pur bonheur, donc, rehaussé par la prestation parfaite du chœur, aussi impeccable dans la netteté des attaques qu’exemplaire dans les choix d’intensité dynamique. On aurait pu craindre, d’une phalange allemande, figurât-elle parmi les toutes meilleures dans le monde, une certaine raideur germanique, héritée du grand Masur. Dès les premières mesures, toute appréhension dissipée, le public eut la certitude que les interprètes seraient à la hauteur des exigences ravéliennes, et cette impression alla s’affermissant au gré du déroulement de cette envoûtante et sublime partition. De quoi susciter toutes les espérances quant à la suite d’une saison musicale que la Philharmonie de la capitale luxembourgeoise a d’ores et déjà engagée sous le signe du plus haut accomplissement artistique.

Crédit Photographique © Philharmonie

(Visited 49 times, 1 visits today)