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La 9ème de Beethoven par Karajan, impression d’une somme de vie

En observant diriger, on subodore l’intensité et la profondeur de l’expérience personnelle de ce chef médiatique. Cela fait certes partie du spectacle, mais, au-delà, la démonstration technique et interprétative demeure particulièrement exceptionnelle. C’est pourquoi les nombreux témoignages enregistrés ou filmés confirment combien Karajan s’est hissé à un sommet enviable (et envié) de la direction orchestrale. Bien évidemment, d’autres attitudes, d’autres lectures demeurent possibles et enrichissantes… mais la diversité n’assure-t-elle pas la fertilité et le renouvellement. Evitons les exclusives ! En ce qui concerne cette Symphonie n°9, avec quatre solistes vocaux et chœur complet, en ré mineur de , son opus 125, écrite entre 1822 et 1824, ici donnée en public le 31 décembre 1977, elle atteint un sommet rarement approché ou surpassé. Les intervenants nous gratifient d’un spectacle en tout point merveilleux. Le chef d’abord, tendu et concentré, les yeux clos (sauf dans les parties chantées), connaissant par cœur sa partition, la vivant de l’intérieur avec un rayonnement communicatif. L’ à l’aise et chez lui dans la célèbre salle de la Philharmonie (à l’acoustique unanimement reconnue) mérite certainement sa qualification indiscutée de meilleur orchestre du monde. Les solistes vocaux, de très grandes pointures de l’époque et le chœur de l’Opéra de Berlin imposent leur enthousiasme, leur précision et leur exultation. La prise de vue ne cherche pas à s’éloigner des règles classiques en vigueur, probablement aussi afin de ne pas dénaturer le message primordial de la musique. Tous œuvrent en harmonie pour caractériser chacun des quatre mouvements. On retrouve la substantifique mœlle des trois premiers, résumés génialement, au début du Presto conclusif, à savoir l’universel Hymne à la joie d’après Schiller. Qu’il s’agisse de l’Allegro initial d’une richesse nostalgique inépuisable, du Molto vivace, presto et surtout quintessence du rythme et de la fluidité et enfin d’un authentique modèle pour le post-romantisme à venir que constitue le profond et répétitif mouvement noté Adagio molto e cantabile-Andante moderato.

Et, ainsi que l’écrivit «La Neuvième Symphonie est un confluent… Une impression d’une somme de vie». Et cela, Karajan l’avait parfaitement intégré.

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