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Le lièvre, le quatuor pour la fin du Temps… et Kee-Yong Chong

S’il est sans doute inutile de présenter Messiaen et son célèbre Quatuor pour la fin du Temps, il n’en va pas de même pour . Ce jeune compositeur malais a étudié la composition au Conservatoire Royal de Bruxelles sous la direction de Jan Van Landeghem et de Daniel Capelletti avant de finir son apprentissage au Conservatoire Royal Flamand où il suit essentiellement les masters classes auprès de compositeurs tels Daan Manneke ou Peter Eötvös.

Tombé par hasard sur un poème qui raconte l’histoire d’un vieux figuier banyan qui subit l’expansion galopante d’une métropole, Chong établit un parallélisme avec l’homme, qui risque de se retrouver déraciné par le capitalisme. Ainsi naît son quintette pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano intitulé Mounrning the Murder of an Old Banyan Tree. Chong privilégie les sonorités subtiles et contrastées, que ce soit dans l’enchaînement des instruments ou des notes elles-mêmes. L’influence de Takemitsu est certes profonde (multiphonie, intervalles micro tonals, atmosphère mystérieuse et poétique), mais elle n’enlève rien au charme de la musique de Chong qui fait réellement apprécier sa plaidoirie contre la mondialisation, via un Het Collectief très compétent dans l’exécution (notamment dans la répartition des nuances à travers les différents instruments).

L’interprétation du Quatuor pour la fin du Temps est en revanche plus inégale. Autant nous apprécions l’atmosphère complètement planante des deux premiers mouvements, autant la suite est très décevante. D’abord, le son de la clarinette est terne, trop sec et n’évoque que trop peu l’élévation et la hauteur à atteindre dans l’Abîme des oiseaux. Ensuite, l’effroyable lenteur de la Louange à l’éternité de Jésus marque une trop profonde rupture au milieu de l’œuvre et nous fait perdre le fil. Enfin, l’entrée du violoncelle est trop quelconque dans l’avant-dernier mouvement qui nécessite un jeu beaucoup plus propre, plus incisif et moins brouillon. L’on finit par contre avec une Louange à l’immortalité de Jésus plus réussie (très beau violon). Signalons enfin que l’enregistrement a tendance à assécher les sons. Ce disque reste néanmoins intéressant pour découvrir la musique de et l’idée du couplage des deux compositeurs semble pertinente.

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