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Avec la famille du basson, ça peut devenir grave !

Pour peu que l’on veuille bien s’intéresser à la musique de la Renaissance et à son immense instrumentarium, on ne pourra qu’être fasciné par sa variété et sa propension à décliner tous les instruments possibles dans toutes les tailles possibles. Car si les familles des violes (à bras – le violon – ou de gambe) ou des flûtes à bec figurent parmi les plus connues du grand public, d’autres, plus inhabituels lorsqu’ils se présentent en «gammes», ont également bénéficié de développements de la part des facteurs anciens d’instruments et se retrouvent, un peu à l’image des quatre Dalton, en formation de soprano, alto, ténor et basse. C’est ce qui est arrivé au basson.

De plus, le titre de l’album souligne le fait qu’un instrument à anche double grave a bel et bien existé à partir de la fin du Moyen Âge mais que son nom a pour le moins varié. Notre instrument est assez basiquement le basson puisqu’il joue des sons bas (graves) ; c’est facile. Il est également connu sous celui de Fagot car on peut penser que cela désigne les deux bouts de bois dont il est constitué ; cela peut se concevoir. On en trouve également des mentions avec le terme de Dulcian ou Doulcaine car sa sonorité était réputée comme étant douce ; si on veut. Pour finir, le Curtal ou Courtaud désigne un instrument «court» ; nous ne contredirons pas ce fait. Il se peut donc finalement que tous ces termes désignent le même instrument qui tient la vedette dans cet album : le basson ancien.

Le programme très fourni nous propose donc des œuvres de toutes les pointures du XVIe siècle avec notre instrument employé dans ses trois principales fonctions : en ensemble, en «consort» comme on dit, en instrument servant de basse à un autre plus aigu (avec une partie pouvant être ornée) et en instrument soliste. À l’écoute tout n’est pas toujours d’un intérêt extraordinaire mais l’ensemble s’écoute vraiment sans déplaisir, du moins pour un non-spécialiste en organologie ou en musique de la Renaissance. Il y a néanmoins une pièce peut-être un peu plus réussie ou inspirée que les autres : les trois Fantaisies de du Caurroy sur la chanson Une Jeune Fillette.

Pour finir, il faut saluer l’impressionnante maîtrise instrumentale des interprètes qui sont d’une justesse irréprochable, tant au point de vue de l’intonation de ces capricieux instruments, que du style, ce qu’il faut véritablement souligner. C’est donc un disque qui mérite que l’on s’y attarde qui nous est proposé.