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De l’instabilité du sentiment

L’hiver dernier, Bruno Procopio avait proposé en compagnie d’ un programme de Sonates pour viole de gambe et clavecin obligé de Jean Sébastien Bach qui s’était révélé une véritable petite merveille d’interprétation. Ils nous reviennent cet hiver en compagnie du jeune et talentueux flûtiste dans un programme de sonates de l’un des fils de Bach, Carl Philipp Emanuel.

Ce concert aura permis une (re)découverte par le public d’œuvres aux multiples couleurs, d’un compositeur qui n’est déjà plus un baroque et pas encore un romantique, mêlant un style galant et sensible. Il souligne, dans des contrastes et une forte instabilité, les passages des sentiments humains des plus violents aux plus tendres, des plus joyeux aux plus mélancoliques.

Ce concert fut un moment précieux entre tous. Le jeune flûtiste a su nous faire percevoir, toute cette dualité si propre à ces sonates, avec une rare sensibilité, un sens des couleurs et de la maîtrise de ces instabilités qui les caractérisent. Il nous enchanta avec une belle élégance, une sonorité sombre, souple et si lumineuse. Il a su également partager cette belle complicité qui unit et depuis leur précédent programme. Ces deux interprètes ont su faire vibrer le chant de la viole et l’énergie incisive du clavecin, avec une chaleur et une âme permettant de nous révéler la richesse d’une œuvre méconnue.

Seul regret à ce concert, le « présentateur », écrivain de talent mais qui en conteur ne su nous faire partager, ce que son ouvrage sur les fils de Bach avait su nous faire découvrir. ne parvint pas à devenir « récitant », « conteur », comme si le passage de la plume à la parole, ne pouvait en somme remplacer, ce que l’archet, le souffle ou les doigts du musicien font naître, la force de l’impalpable, de l’indéfinissable : la musique.

<crédit photographique : DR

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