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G de Garry Stewart : aux sources de l’hystérie

Inspiré par la célèbre scène de la folie de Giselle, ballet romantique chorégraphié par au XIXe siècle, le chorégraphe australien est abusivement allé chercher du côté de l’hystérie des femmes examinées par Charcot à la Salpetrière pour revisiter ce grand classique.

Physiques musclés, danse athlétique et brutale avec des fulgurances, l’esthétique de Gary Stewart est proche de celle qui était proposée dans les années 90 par le canadien Edouard Lock avec sa compagnie La La La Human Steps, ou, plus proche de nous, par Jean-Paul Goude dans ses innombrables visuels publicitaires. Dans cette relecture de Giselle, certains pas sont issus de la chorégraphie originale, mais déclinées sur un mode quasi acrobatique.

Evoluant sur une unique ligne horizontale (ils entrent sur scène côté jardin et en ressortent côté cour), les danseurs de l’Australian Dance Theatre, se voient contraints de suivre le rythme trépidant d’une musique électronique répétitive. Derrière eux défilent en lettres électroniques les grands épisodes de l’histoire de Giselle, celle d’un amour trahi. Enlaidis par des costumes vert gazon, ensemble à col Mao pour les garçons, tutu pour les filles, les danseurs enchaînent mécaniquement grands jetés et roulades, arborant une musculature exacerbée par les chassés imposés par le chorégraphe.

#Réduite à la performance physique et à l’expression d’une féminité hystérique et guerrière, cette vision datée de Giselle enferme l’héroïne dans sa seule folie. Mais la jeune paysanne est aussi une gentille jeune fille, qui aime sa mère et chérit ses amies et non une virago au corps acéré et tranchant. Une absence de travail sur la globalité du personnage qui s’applique aux autres figures du ballet, d’Albrecht, le prince, à Loys, le garde chasse, en passant par Myrtha, la reine des Willis, qui accueillera la jeune vierge après sa mort.

Crédits photographiques © Chris Herzfeld

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