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Denis Matsuev, rien à ajouter, seulement à écouter

Né dans une famille de musiciens de Sibérie, lauréat de nombreux concours prestigieux, poursuit depuis une bonne dizaine d’années une carrière internationale brillante mais sans clinquant. Un précédent enregistrement consacré à Rachmaninov avait été positivement accueilli.

Il ne peut en être autrement pour ce disque : l’enregistrement live donne un supplément d’âme, inaudible certes mais perceptible, l’acoustique de Carnegie Hall est «magique» selon le terme même de l’artiste, et joue sur un Steinway américain qui garde gravée en ses touches la charge affective et artistique de ses vingt années d’existence. Le concert a été excellemment enregistré en une seule prise, et le pianiste, pourtant toujours critique vis à vis de lui-même, n’hésite pas à exprimer sa satisfaction.

Le programme choisi répond à une triple exigence que Denis Matsuev s’était fixée : un premier concert solo, des œuvres qu’il n’ait pas encore enregistrées, enfin des pages dont la valeur est éprouvée depuis longtemps. Dès lors s’imposait l’évidence du répertoire romantique.

Les treize petits instants de vie que traduisent les Kinderszenen de Schumann ; les multiples facettes de la longue sonate de Liszt (une demi-heure) ; le monde bouleversé que raconte celle de Prokofiev pendant la Seconde Guerre Mondiale ; tous ces morceaux sont de purs joyaux sous les doigts de Denis Matsuev. Il n’est pas jusqu’aux bis qui ne participent à la perfection de l’ensemble : la jolie mélodie d’une boîte à musique peu à peu évanescente (Liadov), la fougue d’une étude de Scriabine, enfin un arrangement inattendu d’un extrait de Peer Gynt.

Il n’est rien à ajouter. Seulement à écouter.

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