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Bad Seeds, Laure Bonicel fait son «Sacre du printemps»

fait son «Sacre du printemps» avec de jeunes danseurs issus du Centre national de la danse à Pantin. Tribal et primitif.

Ils sont jeunes, ils courent à perdre haleine, s’effeuillent à chaque passage comme au strip poker. Leurs corps assemblés forment ensuite les multiples combinaisons des molécules d’ADN, se connectant entre eux du bout des doigts. Le son est alors saturé, la lumière rare (une mode, en ce moment !). Matières organiques ou vers de terre, ils se roulent alors par terre. Eveillés, comme nés d’eux-mêmes, ils jouent les idiots, titubant en affichant un sourire bête et béat.

Visiblement inspirée par ses jeunes interprètes, issus du Centre national de la danse, à Pantin, la chorégraphe leur a lâché la bride. Elle les étudie comme un entomologiste observant des insectes derrière la vitrine d’un vivarium. Innocentes – au sens propre – non civilisées, ces «bad seeds» (mauvaises graines) dégagent une énergie primitive et primesautière. Ils s’inventent à chaque pas, à chaque geste, aussitôt repris et expérimentés par l’ensemble du groupe. Bonnets noirs vissés sur la tête, les jeunes interprètes rejoignent une tribu générationnelle, sombre et masquée par des capuches de sweat-shirt des casques de moto, déjà mise en scène par ou .

L’usage du travestissement, de préférence de couleur vive, laisse davantage perplexe, même s’il est relié au travail antérieur de . Les interprètes s’y sentent d’ailleurs moins à leur aise. Affublés de perruques ou d’excroissances chevelues, ils incarnent des créatures hybrides et poussent des cris de bête, laissant le spectacle s’achever abruptement sur cette image d’une tribu primitive et sauvage.

Crédit photographique : © DR

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