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Nicola Fiorenza, compositeur à découvrir

Si l’on commence à bien connaître la musique vocale napolitaine de la première moitié de l’ottocento, la musique instrumentale de la même époque reste encore, quant à elle, largement à découvrir. C’est ainsi que des compositeurs comme Emanuele Barbella, Cristofano Caresana, Francesco Provenzale, Giancarlo Cailò et Giuseppe Avitrano, qui ont tous en leur temps contribué à la création de ce qu’on appelle aujourd’hui l’» école napolitaine », demeurent malheureusement encore inconnus du grand public.

Avec ce beau CD, le label Fuga Libera vient donc de combler une grave lacune en présentant six œuvres complètes du compositeur . Parmi ces dernières, cinq sont données ici en première mondiale. Le texte de la brochure qui accompagne l’enregistrement explique d’ailleurs, en retraçant l’essentiel de sa carrière, et en en détaillant la production (une trentaine de compositions, dans l’état actuel de la recherche…) l’importance de cet énigmatique musicien, au parcours artistique hélas quelque peu gâché par un tempérament apparemment intraitable, difficilement compatible avec les fonctions de pédagogue qui étaient alors exigées à Naples de tout compositeur de talent.

Les morceaux donnés à entendre sur cet enregistrement placent de toute évidence parmi les musiciens les plus doués et les plus accomplis de sa génération, même si l’essentiel de sa production ne nous est pas encore connu. Les pièces rassemblées ici, qui font appel à des effectifs variés et qui font succéder des moments de grand lyrisme avec des passages rythmés en parfait contraste l’un avec l’autre, sont notamment remarquables par leur extrême liberté formelle, marque sans doute du caractère particulièrement indépendant du musicien.

Si l’influence vénitienne se fait encore largement ressentir dans les concerti pour violon, on appréciera tout particulièrement, dans les morceaux rassemblés ici, la place réservée à la flûte douce, instrument particulièrement prisé dans la production napolitaine de cette époque, comme en témoignent par exemple les concerti d’Alessandro Scarlatti.

À en juger par la cohérence de cet enregistrement, on ne peut que souhaiter que les labels discographiques continent à nous régaler de telles découvertes, d’autant plus que l’interprétation de l’ensemble Dolce & Tempesta, conduit par , s’avère absolument idéale.

Rien de tel qu’un peu de soleil napolitain pour illuminer nos dernières soirées d’hiver…