tous les dossiers(1)

Budapest 1900 par Valérie Aimard et Cédric Tiberghien

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Zoltán Kodály (1882-1967) : Sonatine pour violoncelle et piano ; Adagio pour violoncelle et piano en ut majeur ; Sonate pour violoncelle et piano op. 4 ; Belá Bartók (1881-1945) : Première rhapsodie pour violoncelle et piano ; Ernö von Dohnányi (1877-1960) : Sonate en si bémol majeur op. 8. Valérie Aimard, violoncelle ; Cédric Tiberghien, piano. 1 CD. Lyrinx LYR 235. Code barre : 3700232202353. Enregistré à la Salle Blachière, Centre Guillaume Farel, Marseille en avril 2004. Qualité d’enregistrement DSD. Notice bilingue (français, anglais, très succincte). Durée : 66‘48‘‘.

 

Quel programme original que celui concocté par et pour leur enregistrement intitulé Budapest 1900 ! Ils livrent quelques opus méconnus – parfois non numérotés – des chefs de file de la musique hongroise que sont et Zoltán Kodaly avec un coup de projecteur sur la production d’, lequel est à situer plutôt comme un épigone de Brahms. La Sonate en si bémol majeur op. 8 de ce dernier, composée à 22 ans en 1899, jouit d’un très bel équilibre formel. Elle est traversée par un lyrisme énergique, d’un ton résolument romantique qui en fait aussi le charme. La complicité des deux interprètes y est impeccable, avec des phrasés amples, mais naturels qui ne bousculent pas l’œuvre.

Dans une veine similaire, a légué une sonatine de jeunesse pour violoncelle et piano d’une grande fraîcheur. Cette œuvre, qui ouvre le disque avant l’unique opus de Dohnányi, semble cependant nous ancrer dans un répertoire quelque peu anecdotique en regard de la force d’autres pièces qui lui sont presque contemporaines du même . On pense, bien sûr, à l’exigeante Sonate pour violoncelle seul, plus représentative de la musique hongroise qui gagne l’Europe dès cette époque déterminante. Cependant, il ne faudrait aucunement bouder son plaisir à l’écoute de cette pièce, ni à celle de l’Adagio qui clôt l’enregistrement. D’autant qu’elles nous préparent à des mondes d’une esthétique plus ostensiblement hongroise.

Dans la Première rhapsodie de (1928), les rythmes et les climats des domaines musicaux explorés par l’ethnomusicologue s’articulent et s’installent dans leur idiome musical propre, un idiome qui n’a rien de commun avec les émules du romantisme allemand. Les demi-teintes, les rythmes, le chant intrinsèque de l’œuvre coulent avec fluidité sous l’archet de et sous les doigts de . Le jeu de la violoncelliste est moins musclé, moins direct que celui d’un hongrois pur jus (on pense à Janos Starker, par exemple), mais plaît par son articulation et la sonorité qui s’en dégage, le climat subtil qui s’installe. Une belle réussite en dépit d’une prise de son qui situe souvent les deux instruments dans le lointain, sans réel relief.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.