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Alban Berg, l’intégrale orchestrale par Mario Venzago

Le chef d’orchestre suisse poursuit une carrière discrète qui le conduit tout de même à la tête de phalanges non négligeables. De 2004 à 2007, il a assuré la direction musicale de l’, excellente formation façonnée par Neeme Järvi et conduite désormais par Gustavo Duhamel (qui est d’ailleurs sur le départ…pour Los Angeles). Sauf erreur de notre part, ce coffret est le seul témoignage discographique de son mandat suédois.

L’idée d’enregistrer une intégrale des œuvres orchestrales de Berg est excellente, car il n’existe pas de référence artistique et technique récente pour ces partitions. D’autant plus que ce double album à la prise de son démoniaque est archi-complet avec les orchestrations de certaines pièces et même la transcription de Berg de la valse Aimer, boire et chanter.

Cependant, au fil des écoutes on reste sur sa faim. L’orchestre est instrumentalement superbe avec un galbe et une richesse des timbres dignes des plus grands orchestres. Mais le chef n’a pas grand-chose à raconter. C’est révélateur dans les Trois pièces pour orchestre (enregistrées dans la version révisée de 1929) mais cela devient flagrant dans les extraits de Wozzeck et Lulu. On est ici loin de la tension exacerbée de Dorati (Mercury), Rattle (EMI) et Gatti (RCO Live). Par ailleurs, la soprano Geraldine Mc Greevy n’a pas un timbre très gracieux et plafonne quelque peu en terme de tessiture. Il en va de même pour trop banal dans les deux versions (français et allemand) et Der Wein.

Les acheteurs de cet album ne seront pas volés : la prestation globale technique est très élevée mais passer après des géants comme Boulez, Karajan, Abbado, Gatti, Rattle… dans certaines pièces, c’est un défi qui se révèle trop haut pour le chef. Les hifistes émérites qui aiment ces partitions pourront épater leurs invités avec un rendu sonore de compétition…