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Concertos pour deux violons de Richard Mudge, une découverte intéressante

Des six concertos pour deux violons solos de , publiés en 1749 par l’éditeur londonien John Walsh – également en son temps responsable de la parution de la plupart des œuvres du grand Haendel… –, seul celui en ré majeur, contenant une importante partie de trompette, avait eu régulièrement les honneurs du disque. Même , en 1957, avait confié sa version de l’ouvrage au microsillon…

Ce CD publié par la firme Tudor est donc la première occasion pour le grand public de découvrir dans sa totalité l’œuvre de , ecclésiastique anglican également instrumentiste et compositeur à ses heures. Selon les dires de certains, Haendel aurait une fois déclaré être capable de reconnaître quand ses propres œuvres étaient jouées par Mudge, mais nul ne peut dire s’il s’agissait d’un compliment ! L’influence du grand compositeur d’origine allemande, ainsi que celle de Corelli et de Geminiani, se fait d’ailleurs largement sentir, et ces pièces écrites pour petit ensemble orchestral sont en général d’assez bonne facture. Elles donnent également une idée assez précise de ce que pouvaient être les répertoires et la pratique musicale des petites villes de la province anglaise, dans lesquelles de nombreuses sociétés musicales, souvent composées de musiciens amateurs, aimaient à se produire. Les manuscrits de , découverts dans la fameuse «Aylesford Collection» – les partitions accumulées par Charles Jennens, le librettiste du Messie, et léguées ensuite à son cousin le comte d’Aylesford, l’employeur de Mudge… – semblent d’ailleurs attester que les six concertos constituent la totalité de l’œuvre du compositeur. Parmi les pièces publiées par Walsh, on trouve également la mise en musique du psaume «Non nobis, domine», canon pour trois voix chantées avec contrepoint de cordes, pièce autrefois attribuée à John Byrd. Les différents contextes entourant ce morceau pourraient laisser penser que Mudge partageait idées et convictions politiques et religieuses de Charles Jennens…

L’interprétation de ces six concertos par le Barockorchester Capriccio Basel, dirigé par , est propre, probe et sans surprise, à l’image sans doute de ces sociétés musicales qui jouaient autrefois ce genre de répertoire. Une mention spéciale pour Marc Meisel, excellent dans la partie soliste du concerto n°6 pour orgue. Sans doute s’agit-il également de la plus «haendélienne» de ces pièces, qui viennent à point nommé combler une réelle lacune discographique.