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Bach, chercheur d’Eternité

Délicat et sublime, mystique et émouvant est ce récit sur . Il unit en un lien indissoluble Musique et Spiritualité, nous permettant d’accéder aux «sphères insoupçonnées» de l’inspiration de Bach et de sa réalité presque transcendantale. Ecrit sur la dernière saison de la vie du compositeur, ce récit est une sorte de testament dont la particularité réside dans l’omniprésence de la Musique, source et raison de vie de Bach, mais également cause de doutes (sur ses capacités) et de douleurs (pour son incompréhension). Prenant la forme d’une autobiographie, l’écriture, souvent lyrique mais jamais mièvre, cache le devoir suprême dont le compositeur allemand se sent investi : la perpétuation de l’enseignement musical et sa transmission aux futures générations. A une petite dose de vanité qui atteint tout artiste se mélange l’idée pure et sublime de la musique en tant qu’illustration du Bien suprême à mettre au service de tous. Musique qui représente, pour le compositeur allemand, la fusion infinie de l’esprit de Dieu et des hommes. Une telle synthèse de spiritualité et sensualité donne naturellement vie à la création d’un art intemporel.

A coté de la Foi, la Famille reste, sa vie durant, un ingrédient fondamental de la stabilité et de l’équilibre vital de Bach. Très émouvantes sont les pages consacrées à la description de son foyer familial et de ses proches, tous liés par cette forme de communication sublime et perpétuelle qu’est la Musique. L’acquisition du savoir musical et l’acharnement au travail sont l’une des caractéristiques de toute la famille Bach et les clés de voûtes de la perfection créatrice.

Si nombreux sont les enseignements que ce «chercheur d’éternité» essaye de laisser à la postérité, le plus remarquable demeure sans doute la recherche perpétuelle du sentiment d’appartenance à une Entité plus grande, quelle que soit la confession religieuse. Investi d’une mission divine, Bach s’identifie à un visiteur privilégié dont l’impératif est de «délivrer à l’Humanité les beautés d’un Univers divin». Cet aspect profondément spirituel du compositeur devient la grille de lecture de toutes ses œuvres, y compris les profanes.

Loin de faire un quelque prosélytisme religieux, les pages choisies par l’auteur de cet émouvant récit sont à considérer comme la confession d’un homme qui cherche et trouve dans la Musique le seul moyen d’expression de ses tempêtes émotionnelles, de son extase suprême. Les mots ne pouvant exprimer qu’imparfaitement et insuffisamment l’intensité des rares moments de bonheur volés au temps, la Musique seule donne accès aux plus hauts sentiments d’Eternité.

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