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Karajan à Moscou

en concert à Moscou ! L’affiche est aussi mythique qu’exceptionnelle car finalement les témoignages concertants du maître avec son orchestre sont plutôt rares en dehors des bandes des concerts du Festival de Salzbourg éditées chez Orfeo.

Entre le 28 mai et le 8 juin 1969, Karajan et sa Philharmonie de Berlin se lancèrent dans une mini-tournée européenne : URSS, France et Grande Bretagne. Si Karajan s’était déjà rendu avec la Philharmonie de Vienne (1962) et La Scala (1964) en URSS, cette tournée marquait la troisième visite des Berlinois en Russie depuis deux précédents voyages en 1899 et 1904 sous la baguette d’Arthur Nikisch. Moscou et Leningrad étaient au menu de ce déplacement mais dans le contexte de la Guerre Froide, l’ était bien évidement assimilé au camp capitaliste. Il se raconte ainsi qu’une annonce fut faire pour préciser que cette formation était assimilée à l’Ouest par rapport à l’Allemagne de l’Est ; ce qui n’était pas clairement mentionné dans le programme. Editées pour la première fois au cours des années 1980, ces prestations sont désormais disponibles en CD chez Melodiya.

Parmi les trois programmes différents qui étaient proposés au public moscovite, on retrouve un concert Bach/Chostakovitch. On passe rapidement sur un Concerto brandebourgeois n°1 très «Karajanesque» pour s’intéresser à l’exécution de la Symphonie n°10 de Chostakovitch jouée en présence du compositeur. Auteur de deux enregistrements de studio qui trônent aux sommets de la discographie, Karajan parvient ici à un aboutissement musical et technique. Le fini instrumental proposé ici par l’orchestre laisse sur place par la puissance des dynamiques, les nuances et les interventions des solistes. Le chef fait de cette œuvre un «drame lyrique» comme l’écrivait alors la critique. Terrifiante de puissance et de force dramatique, cette interprétation s’impose comme une référence majeure.

Changements d’atmosphères avec le concert Mozart/Strauss. Multi-récidiviste de Une vie de Héros, Karajan est évidement à son affaire dans cette fresque autobiographique. Le grand intérêt des prestations «Live» de Karajan c’est son approche plus cursive et dynamique des œuvres avec plus de prises de risques. L’oreille est également attentive à la prestation de l’orchestre qui semble réellement insurpassable en termes de dynamiques que de nuances ; Berlin était bien à la fin des années 1970, le meilleur orchestre du monde.

Bien évidement, les Karajanophiles émérites se sont précipités sur ces galettes alors que les néophytes préfèreront les disques DGG et EMI. Pourtant ces concerts soviétiques sont d’un grand apport à la compréhension de l’art du chef et à l’histoire de l’interprétation. On maudit par ailleurs un certain label à étiquette jaune de ne pas avoir accepté d’enregistrer Karajan dans d’autres symphonies de .

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