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Sept paroles apaisantes

La notoriété que a connu de son vivant est très impressionnante. La cour des Esterházy, Londres, Paris appartiennent à la liste des ancrages du compositeur que l’on cite en premier. Il s’avère que Cadix vit également la création d’une de ses œuvres les plus surprenantes. Les Sept Paroles du Christ en Croix ont été commandées par un chanoine de cette lointaine ville espagnole. L’homme d’église désirait un oratorio qui puisse accompagner et ponctuer la célébration du Carême : après un prélude, l’évêque montait en chaire et prononçait une desdites paroles, puis descendait se prosterner devant l’autel, puis recommençait selon cette formule pour la Parole suivante. Les transitions se devaient d’être habillées par des adagios d’une durée d’environ dix minutes chacun. Haydn réalisa une version pour quatuor à cordes de sa musique. Sept méditations lentes, diverses pourtant, se succèdent pour former un corpus musical étonnant, profond, éloquent et surtout apaisant jusqu’à l’ultime section de l’œuvre, intitulée Terremoto, tremblement de terre, tempétueuse évocation de la mort du Christ.

L’approche du est recueillie, d’une profonde humanité. Il y a quelque chose qui est du ressort de la confidence, de l’apaisement, avec, comme de coutume dans leurs interprétations, ce soin apporté aux lignes de chant. Rien n’est crénelé ou brusqué dans leur lecture fluide de l’œuvre qui, si elle paraît plus émoussée que celles qu’ils ont réservées à d’autres répertoires (très différents au demeurant), a l’insigne avantage d’offrir un climat en parfaite adéquation avec la vocation première de l’œuvre, liturgique.

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