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Le cor des belges

est un corniste belge spécialisé dans le répertoire ancien de son instrument. Un des plus beaux musées instrumentaux du monde, le MIM, se trouve à Bruxelles et pour les amateurs d’instruments anciens séjournant dans la capitale belge, c’est assurément une visite incontournable. Bruxelles abrite également le Conservatoire Royal (en deux entités linguistiques distinctes), qui a formé et continue de former des générations d’excellents musiciens et où enseigne lui-même . Ayant les instruments et les musiciens, il restait à trouver le répertoire adéquat pour que le label Fuga Libera réalise un album cohérent consacré à la musique romantique belge pour cor.

Pour la réalisation de cet enregistrement, deux partitions ont donc été sélectionnées pour leurs qualités musicales propres. La première est le Grand Octuor pour six cors et deux trombones du gantois . Ce musicien a étudié à Paris avant d’y mener une brillante carrière à la Garde Impériale et à l’Opéra-Comique pour finalement retourner dans son pays d’origine comme chef d’orchestre. Son Octuor comprend six mouvements et s’écoute très facilement. Ici, pas de polyphonie complexe à suivre, nous n’y trouvons que de la mélodie accompagnée. Le principal intérêt de l’œuvre réside plus dans son aspect sonore assez charmeur – six cors et deux trombones – que dans la virtuosité de l’écriture musicale.

Encore plus inhabituelle est la formation demandée par , qui n’a jamais quitté son pays et devint directeur du Conservatoire de Bruxelles, dans l’Octuor pour huit cors chromatiques. Au XIXe siècle, ces instruments n’étaient pas normalisés et existaient donc sous plusieurs systèmes et plusieurs tonalités. et ses complices, souvent d’anciens élèves avec lesquels il a formé le Royal Brussels Hornsoud, ont donc dû rechercher les meilleurs instruments possibles, pour les différentes parties. Datant de 1885, cette œuvre en trois mouvements est plaisante, car on y sent très fortement l’influence de l’écriture de Richard Wagner : par les tournures mélodiques, les harmonies et les ambiances sonores, on se croirait presque à chaque instant dans une scène (jusqu’alors inconnue ou imaginaire) de la Tétralogie. Il est vrai que le cor, surtout en phalange de huit, sonne merveilleusement bien pour le répertoire romantique.

Cet album est assez attachant, par l’instrumentarium employé plus que par les œuvres : il séduira très certainement les amateurs de cuivres. Quant aux mélomanes «généralistes», ils retiendront le nom oublié de , dont la musique semble très intéressante.