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Verdi Gala : en Italie un événement unique

Orchestra dell’Accademia di Santa Cecilia et Orchestra del Teatro di San Carlo

Environ 400 musiciens, 2 orchestres, 2 chœurs, un chœur d’enfants et 9000 spectateurs ont participé à l’événement musical plus attendu de l’Italie du Sud : le Verdi Gala. Dans une des villes plus «musicales» d’Italie, fort d’une grande tradition d’opéra et d’un énorme répertoire de musique populaire, le célèbre compositeur de Busseto a été porté à l’honneur en Piazza Plebiscito transformée pour l’occasion dans un majestueux temple du lyrique.

Des extraits d’opéra les plus connus de Verdi ont caractérisé un programme monothématique uniquement interrompu par le prologue de Mefistofele d’ : le moment musical moins populaire mais le plus riche en nuances et en effets sonores. Direction raffinée et intense, geste sure et clair, Pappano a su éviter les clichés d’une exécution populaire capable de rallumer les critiques désormais datées d’un Verdi compositeur du «zum pa pa» massif. Cela malgré le nombre extraordinaire de musiciens, l’exceptionnelle grandeur de la scène et la diffusion amplifiée de la musique. Les extraits choisis par Pappano montrent toute la force de l’invention verdienne et le pouvoir de suggestion de sa musique. Quelle frisson dans «Vedi le fosche», quelle magie des trompettes égyptiennes d’Aida qui résonnent dans la place. Avec son habilité d’histrion le chef italo-anglais invite le public à entonner le chœur de Nabucco et l’exécution de «Va’pensiero» se transforme en un hymne de libération.

Le final du concert est confié au «Prologue dans les cieux» du Mefistofele d’. Le chœur de l’Ave Maria se mélangeant avec les voix des chérubins «La danza in angelica spira, si gira, si gira, si gira» détermine un envoûtement tel un événement mystique. Le crescendo de l’orchestre supporté par le roulement en continue des timbales va de pair avec le crescendo dde toute la masse chorale culminant dans un tutti majestueux de singulière puissance. Bravo à Alexander Tsymbalyuk qui s’est produit dans Mefistofele avec sa voix de basse ferme et chaude nullement perturbé par la présence de 9000 spectateurs.

La soirée s’est terminée avec les bis «Fuochi di gioia» extrait de Otello et l’ouverture de la Forza del destino, couronnant Pappano roi indiscutable de cette extraordinaire expérience et témoignant de l’affection populaire vers un genre qui à tort continue à être considéré d’élite.

Crédit photographique : © Sheila Rock

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