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Souvenir d’un bicentenaire par Martinon et Entremont

Le bicentenaire de la naissance de fut prétexte à moult interprétations de son œuvre magique et impérissable à travers le monde entier. En France, un enregistrement réalisé à l’ORTF le 11 février 1970, diffusé sur France Musique le 2 décembre de la même année dans le cadre d’un cycle Beethoven puis stocké dans les Archives de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) vient rafraîchir notre mémoire et nous rappeler combien ces multiples hommages avaient stimulé notre engouement beethovénien. Le récent label Cascavelle nous offre un Concerto pour piano et orchestre n°5 «L’Empereur» porté par le pianiste français , l’Orchestre National de l’ORTF placé sous la conduite de . Son écoute fait revivre la ferveur qui l’accompagnait alors. Aussi bien les musiciens que les spectateurs (ne peut-on supprimer ces toux insupportables ?) semblent impressionnés et fascinés par la magnificence, la majesté et la profondeur de ce Concerto op. 73 écrit en 1809. A cette date, les évènements historiques tragiques (agression et occupation de l’Autriche par Napoléon et mort de Joseph Haydn) s’accouplent comme par malice et défi aux difficultés personnelles du compositeur (surdité débutante, déboires sentimentaux…) pour enfanter miraculeusement une des œuvres les plus intenses et singulières de la littérature musicale occidentale.

L’exécution vaut surtout pour son authenticité, son enthousiasme, son absence d’affèterie et sa révérence à la musique du génial Maître de Bonn. Certes on trouvera des concurrents plus parfaits, plus romantiques, voire plus engagés mais une telle lecture, toute de sincérité, méritait de revenir dans nos étagères. Globalement les mêmes qualificatifs interprétatifs s’adressent à la Fantaisie en ut mineur pour piano, chœur et orchestre, op. 80 de 1808. Beethoven souhaitait obtenir une «œuvre brillante», elle l’est et de fait baigne dans une atmosphère moins sévère que celle du Concerto n°5 presque contemporain. La bonne volonté du chœur de l’ORTF s’impose ainsi que l’engagement sans réserve des autres intervenants au profit d’une exécution très convenable mais restant cependant à distance du zénith interprétatif. On pense par exemple à la lecture exemplaire de Daniel Barenboïm avec le New Philharmonia Orchestra et le Chœur John Alldis tous transportés par la direction d’Otto Klemperer (EMI). Un intéressant témoignage toutefois.