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Le funambule d’Angelin Preljocaj, un solo sur le fil

Le chorégraphe renoue avec la scène pour un solo sur un texte aérien de Jean Genet. Un exercice d’équilibriste dont le danseur se tire avec plus ou moins d’habileté.

Difficile exercice que celui du solo ! Qui plus est lorsque l’on s’attaque à un texte peu connu de Jean Genet, écrit par le poète à son amant Abdallah. Un texte sur la danse et le risque qui accompagne depuis ses années d’étudiant. Preljocaj n’est pas acteur et il le sait. Sa diction n’est ni révolutionnaire, ni captivante et ses talents d’acteur font peine à voir. Malgré une étonnante performance de mémoire (1h15 de texte) et une apparente humilité devant les mots, l’exercice est laborieux et rend le texte ennuyeux à défaut d’être audible.

Il n’est plus non plus un bon danseur, et il le sait aussi. Le désormais quinquagénaire, qui n’a jamais quitté le studio, dans par intermittence en pantalon de toile beige et simple T-shirt blanc. Il utilise le vocabulaire chorégraphique incisif et franc qui fait la marque de ses ballets pléthoriques.

Dans quelques scènes plus spectaculaires, comme celle de la corrida ou la danse du poignard, le chorégraphe dégage un engagement physique réellement authentique, une présence forte qui emporte l’adhésion du spectateur. Tout le reste du spectacle manque de distance et d’humour. La dimension érotique et sexuelle du texte est invisible, alors qu’elle aurait dû, au contraire, s’incarner dans ce corps offert et disponible à la poésie de Genet.

Crédit photographique : © Jean-Claude Carbonne

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