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Dernière du Klara Festival avec Esa-Pekka Salonen

Dernière soirée du Klara Festival et quelle soirée ! Compositeur qui dirige «pour payer les factures», Salonen a, lors de ses années californiennes, considérablement évolué pour arriver à un style dynamique et éclatant qui prend autant sa source dans la virtuosité d'écriture d'un Stravinsky que dans l'énergie solaire d'un John Adams ou dans l'amour du timbre de Magnus Lindberg. Ce nouveau concerto pour violon qui vient après un renversant concerto pour piano commence sur les chapeaux de roues avec une virtuosité ébouriffante de la partie soliste accompagnée par des touches orchestrales en accord. La motorique de l'œuvre semble inexorable et l'orchestration amène une saine fraîcheur. Les deux mouvements lents impairs planent dans des atmosphères épurées et océaniques, le violon et l'orchestre, utilisés avec parcimonie mais avec le sens naturel de la couleur d'un pointilliste font chavirer les tympans. A l'inverse de nombres de ses congénères, Salonen n'utilise pas un grand orchestre et une batterie de percussions mais une formation réduite dans les bois et les cuivres, tout est réside dans le dosage de l'orchestre et la beauté des timbres. L'excellente et toujours gracieuse fait un sortilège aux exigences techniques de la pièce et apporte une inspiration en technicolor. C'est tout simplement, un grand moment de musique et une nouvelle partition majeure pour le violon contemporain après les opus triomphaux de : Lindberg, Knussen, Chin…

Auteur d'une version discographique majeure d'Œdipus-rex de Stravinsky avec cet orchestre de la Radio suédoise pour Sony, est idéal de style et d'inspiration dans cette partition cosmopolite et hétéroclite de Stravinsky. Le chef impulse une énergie et un sens du style à son orchestre, à l'impressionnant chœur d'hommes suédois Orphei Drängar et à la belle distribution.

Cette soirée marquait la fin du Klara Festival 2009, une édition à marquer d'une croix blanche autant par la richesse des affiches que par les différentes manifestations publiques : des concerts de piano dans les stations de métro à la performance de la Symphonie n°5 de Tchaïkovski par l'Orchestre National de Belgique, sous la direction de Valery Gergiev dans la Galerie Ravenstein à une heure de pointe. La dynamique créée autour de ce festival est impressionnante ! Certes les moyens financiers sont imposants, mais l'intelligence des managers a su drainer les foules comme rarement à Bruxelles.

Crédit photographique : © DGG

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