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Sainte Cécile selon Purcell


En dépit de sa programmation un jour férié, ce concert intégralement Purcell a rempli la grande salle du Palais des Beaux-Arts. Il faut dire que est une star belge qui, sur son seul nom, attire les foules d’Anvers à Liège en passant naturellement par Bruxelles où il réside lors de ses passages en Belgique ! Sa présence à la tête de son Collegium Vocale de Gand est, presque toujours, un gage de grande qualité.

Le programme monographique rendait hommage à Purcell avec deux odes et un Te Deum. Très représentatives de la musique baroque anglaise de la seconde moitié du XVIIe siècle, les odes sont apparues sous le règne de Charles II. Le roi avait donné des instructions pour inciter à la composition de musique de circonstances pour honorer différents évènements : anniversaires royaux, nouvelle année, retour du roi à Londres… Ultérieurement, il fut de tradition de composer des odes à sainte Cécile, à l’image de Hail, bright Cecilia, le dernier des quatre odes à la patronne des musiciens, que le compositeur composa sur un texte de Nicholas Brady.

Cela étant, si le Collegium Vocale reste une formation chorale d’une précision, d’un galbe et d’une variété de couleurs toujours impressionnantes, la soirée ne fut pas aussi stratosphérique que l’on pouvait le penser ! L’orchestre réunit pour l’occasion manquait de cohésion et de couleurs. Si les cordes répondaient aux sollicitations du chef, les vents et les cuivres manquaient d’engagement. Les trompettes, soumises à rude épreuve, étaient trop souvent en retrait et peu précises. Les solistes vocaux alternaient le très bon et le très moyen. Si les soprani et les basses étaient convaincantes par la richesses des voix et la justesse stylistique, les ténors et contre-ténors étaient vocalement à la peine.

C’est d’autant plus dommage que connaît les moindres recoins de cette musique et sait, telle un maître du clair obscur, attirer l’attention sur tel ou tel détails, tout en portant et en animant la force de cette musique. Un tableau inachevé donc…

Crédit photographique : Philippe Herreweghe © DR