- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Salonen affronte les Gurrelieder

s’attaque à un des monuments de l’histoire de la musique. Monument, tant par sa portée que par l’effectif gigantesque que requiert cette partition. Monument également par la qualité exceptionnelle de la discographie avec presque que des versions de référence : Ozawa (Philips), Metha (Sony), Boulez (Sony), Chailly (Decca), Abbado (DGG), Kubelik (DGG), Sinopoli (Teldec), Rattle (EMI) et Craft (Naxos). Spécialiste des musiques du XXe siècle, Salonen a, pour l’instant, assez peu fréquenté Schœnberg au disque : on lui doit seulement l’accompagnement du concerto pour piano avec Emmanuel Ax et un beau disque autour de la Nuit transfigurée (ces deux disques étant publiés chez Sony).

La lecture de Salonen est brillante et même cinglante. A la différence d’un Sinopoli, artisan amoureux qui cisèle avec attention les moindres détails de la partition ou d’un Rattle qui fait briller l’orchestration avec une lumière quasi méditerranéenne, Salonen impose une lecture spectaculaire et assez premier degré. Tout est contrôle avec sens un sens dramatique et une totale précision qui déchaîne les tutti. Cette direction, très cinématographique, s’appuie sur un orchestre attentif et aux teintes froides, séduisantes dans cette musique.

La lecture est tellement centrée sur le chef…que le label n’a même pas mentionné sur la pochette le nom des chanteurs…Il faut donc ouvrir la notice de présentation pour découvrir les patronymes assez prestigieux tout de même ! Les chanteurs s’acquittent de leur tache avec vaillance et compétence, même s’il doivent parfois forcer un peu pour se faire entendre, face à des forces chorales brillantes.

Cette lecture n’est pas inintéressante, elle s’avère probante et efficace pourtant, on continue de préférer Sinopoli (Teldec), Rattle (EMI) et Ozawa (Philips).

(Visited 193 times, 1 visits today)