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Service impeccable ?

Ce concert bruxellois de prestige était le premier de la résidence de la jeune violoniste Julia Fisher au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Belle introduction avec un tube du répertoire accompagné par un orchestre célèbre et un chef quasi-légendaire. Pourtant, c’est un sentiment de réserve qui domine après cette interprétation du concerto pour violon de Tchaïkovski. Certes, a une technique ultra-précise associée à une culture musicale qui lui fait éviter toute facilité ou mauvais goût (ce n’est pas si rare !). Il n’empêche, cela est plus protestant et germanique que slave et enflammé et l’on s’ennuie quelque peu car cette œuvre est tellement, mais tellement, rebattue par les violonistes qu’on attend un peu plus de prise de risque, d’originalité et de folie. Il faut tout de même saluer un accompagnement orchestral attentionné et passionné par un orchestre qui connaît les moindres nuances de cette musique. C’est dans le court bis, un petit bout de Bach, que la concentration de l’artiste et son jeu acéré atteignent un haut de degré de maturation, d’émotion et de concentration. La rigueur de Bach répondant mieux à la sensibilité de la jeune femme que l’exubérance quasi-latine du concerto. C’est très intéressant car Julia Fisher reviendra, au printemps prochain, pour deux concerts 100% Bach…

Ce qui est toujours fascinant avec les grands orchestres qui jouent des tubes de leur langue maternelle musicale, c’est qu’ils arrivent à faire ressortir de nombreux détails de chefs d’œuvres que l’on pense connaître sous le bout des doigts ! Dans Petrouchka, se plaît à narrer une histoire, à la fois populaire, bigarrée et qui parle la gouaille argotique des foires et des marchés des faubourgs besogneux. Sa battue à la fois élégante (car anti-vulgaire) et bourrue fait déhancher le pantin dans un festivals de couleurs. Même si le son global de l’orchestre évolue inévitablement (et tristement !) vers les standards internationaux, certains pupitres, comme les trompettes sonnent, dans les soli, avec une verdeur russe bienvenue. C’est avec le même soin du détail et de la narration que le chef fignolait passionnément le bref Kikimora de Liadov qui fut une découverte pour la plupart du public. Ce même public fut récompensé de deux bis dont l’inévitable Trepak du Casse noisette, éternelle signature finale des concerts de Temirkanov !

Crédit photographique : © DR