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Philippe Gaubert, de la musique française achevée mais sans génie

Flûtiste, compositeur et chef d’orchestre, , instrumentiste précoce, travaille encore avec le grand Gabriel Fauré. Second Prix de Rome, il se fait connaître et reconnaître par ses aptitudes face à un orchestre. Il dirige la Société des concerts du Conservatoire à partir de 1904 tout en acquérant le statut respecté de flûtiste virtuose exceptionnel. Postes qui faciliteront sa nomination de professeur de flûte (1908) puis de composition (1919) au Conservatoire de Paris. Ce personnage phare illumine de ses multiples talents la vie musicale française de son époque.

On lui confie la direction musicale de l’Opéra. Grâce à lui, de nombreuses créations voient le jour, on pense au Chevalier à la rose et à Elektra de Richard Strauss, à Turandot de Puccini… A l’instant, c’est le compositeur qui retient notre attention grâce à la lecture précise, naturelle et bienveillante du . Chacune des œuvres enregistrées s’inscrit dans un cadre esthétique qui jamais ne bouleverse les hiérarchies et toujours s’accorde, sans heurt ni menace séditieuse, à cette fluidité à la française. Gaubert avec un grand naturel délivre des pages coulantes et pimpantes, jamais austères ni émouvantes. Ses partitions ne sont pas le lieu de conflits philosophiques ou intimes, pas plus qu’elles ne découvrent d’ambitions créatrices hors normes.

L’écriture, à tout instant distinguée, harmonieuse et tonale, ne surprend pas plus qu’elle ne déçoit à condition de ne jamais oublier que l’optique créatrice de Gaubert dans ces pages pour flûte, violoncelle et piano (pour trio ou duo) répond au souhait de proposer de la musique équilibrée, placide et le plus souvent pacifique. Le Lamento pour violoncelle et piano comme la Pièce romantique pour trio gardent la bonne humeur et le raffinement des deux Sonates pour flûte et piano. Une fois accepté ce préalable, les interprétations de (flûte), (violoncelle) et (piano) paraissent exemplaires et constamment dans le ton voulu par le compositeur. Philipe Gaubert s’inscrit harmonieusement, mais sans génie authentique ni révolte délibérée, dans cet espace infini situé quelque part entre les règles de l’art et l’art des règles.