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Taivaanvalot, œuvre emblématique d’une certaine modernité finlandaise

, décédé il y a deux ans, fut un élève du grand Joonas Kokkonen avant d’être profondément influencé par la musique traditionnelle japonaise abordée à Tokyo au début des années 1970. Son catalogue, plus discuté qu’écouté, réalise un savant mixage d’harmonies traditionnelles, y compris finlandaises, et d’harmonies considérées comme avancées. Ce travail d’une longue vie de recherches trouve une réalisation exemplaire dans une composition de 1985 pour deux solistes vocaux, deux chœurs et un orchestre intitulé Les Lumières des Cieux. Lui qui annonçait que la musique ne pouvait être un phénomène isolé, détaché de la vie et de la communication avec autrui, excelle à en donner une preuve patente avec cette œuvre à la fois engagée, modernisante certes, mais solidement assise sur une tradition parfaitement maîtrisée et transcendée. Précisons que, au cours de sa longue carrière musicale, aura abordé et digéré le dodécaphonisme issu de l’Ecole de Vienne, la technique des champs sonores de Ligeti, le contrepoint aléatoire, la libre tonalité, le minimalisme, la musique populaire finlandaise et bien sûr japonaise. Sa traduction créatrice aura engendré des partitions souvent abruptes, où les amalgames et les alliages trouvent un sens renouvelé, en particulier à travers une liberté formelle acquise et une logique expressive propre à ce compositeur longtemps solitaire et marginalisé. Il emprunte sans halte des sentiers sinueux et difficiles pour aboutir à une certaine euphonie passionnante. Tous ces paramètres se trouvent synthétisés dans Les Lumières des Cieux, véritable catalogue des caractères typiques de Nordgren avec son déroulé et ses sonorités non conventionnels, accentués par la présence d’instruments anciens peu visités comme le kantele, le bullroarer, le cor de chèvre, le pipeau, la flûte de berger, le tambour de chaman, la lyre courbée…

Ce regard en arrière traduit-il un refus de la technicité moderne ? Probablement, mais sans respect excessif pour le passé, lui qui fut considéré régulièrement comme un moderniste d’un abord abscons. Les Lumières des Cieux, cantate où s’amalgament, non sans harmonie, passé et présent, se déguste sans difficulté marquée, immédiatement, aisément et plaisamment.