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Flis de Stanisław Moniuszko

Les deux opéras les plus célèbres de , Halka et Le manoir hanté, sont encore aujourd’hui des piliers du répertoire polonais. Flis, contemporain du premier (1858), se rapproche plutôt de l’opérette par la légèreté des moyens et la gaieté du ton. Le livret, plus sentimental qu’humoristique, paraît sous-tendu par une idée sociale, voire politique : dans un village du bord de la Vistule, un père a promis sa fille à un coiffeur pour dames de Varsovie pour éviter qu’elle se marie à un pauvre flotteur (marin qui fait descendre les chargements de bois sur les fleuves). Le coiffeur obéira à sa femme et la couvrira de cadeaux, « parce que c’est moderne », mais cette perspective ne ravit pas la jeune fille qui préférerait rester au village. Tout s’arrange quand on découvre que les deux rivaux sont frères, séparés dans leur enfance, et l’on termine par une célébration du rude métier de flotteur, qui incarne apparemment la vertu nationale, en opposition à la frivolité citadine.

La musique semble colorée de la même teinte patriotique, car, en dehors d’une ouverture descriptive et de quelques ensembles, elle est constituée de thèmes dansants d’allure folklorique, enchaînés sans trêve. L’effet est toujours joli, pimpant même, dans le goût de l’opéra-comique des années 1830. Mais on n’y retrouve ni l’éclat d’Adolphe Adam, ni l’humour de Donizetti, ni la solidité de Lortzing, et, dans la même veine, Smetana aura bientôt plus de saveur, et Sullivan plus de sel. L’interprétation soignée sert l’œuvre au mieux. L’orchestre, d’une qualité très honorable malgré quelques faiblesses, est mené avec dextérité et bon goût par . Les voix des solistes (en particulier Janusz Lewandowski et ) sont fraîches et charmantes, comme celles du chœur, l’expression un peu placide. Une découverte en rien prioritaire, mais qui intéressera les curieux et les amateurs.

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